L'Aile du Trésor · entrée
La Herse aux Douze Mots · Vos douze mots
La herse ne se lève que pour qui connaît douze mots. Personne ne vous les donne : vous les tirez vous-même, et vous les écrivez sur papier, ce que le garde trouve très moderne.
Quête : Le serment des Douze
- Objectif de taverne : Prêtez le serment des Douze : générez vos douze mots, notez-les sur papier, puis ressaisissez les trois mots que la Cafetière vous demande. Ce rite dure deux minutes et donne le rang 1.
- Objectif de donjon : Emportez votre parchemin (votre fichier de progression chiffré), fermez l'onglet, puis décachetez-le : rechargez le fichier et ouvrez-le avec vos douze mots.
Effort : 1 sur 5. Liberté gagnée : 4 sur 15. Classement : Échauffement.
La boussole de la salle
| Caractéristique | Gain (0 à 3) |
|---|---|
| Garde | 1 |
| Juridiction | 0 |
| Monnaie | 0 |
| Discrétion | 2 |
| Confort | 2 |
| Prudence | 1 |
| Caméra | Discrétion gagnée (0 à 3) |
|---|---|
| la caméra du Badaud | 2 |
| la caméra du Changeur | 0 |
| la caméra du Marchand | 3 |
| la caméra de l'Intendance | 0 |
Le serment des Douze
Il vous faut un crayon et une feuille. Installez-vous là où personne ne lit par-dessus votre épaule. Le rite a trois étapes : le serment, les douze mots, puis trois mots à ressaisir.
1. Le serment
Le Portier, le garde de l'entrée : « Approchez, et levez la main droite. Gardez l'autre pour le crayon. »
Vous allez recevoir douze mots. Vous promettez :
- de les recopier sur papier ;
- de ne jamais les photographier ;
- de ne les envoyer ni par courriel, ni dans un stockage en ligne, ni à un cousin ;
- de ne jamais les coller dans un champ de saisie, même s'il a l'air officiel.
Le Portier : « Si vous êtes d'accord, dites “je le jure”. J'attends cette phrase depuis ce matin. »
L’essentiel en cinq lignes
- Où vous êtes : devant la Herse, l’entrée du site. Toutes les salles du château (le site) passent par ici.
- Ce que vous apprenez : le geste exact d’un portefeuille de cryptomonnaie, là où une erreur ne coûte rien.
- Ce que vous faites : votre navigateur tire douze mots au hasard, vous les recopiez sur papier, puis vous en ressaisissez trois.
- Ce qu’il vous faut : un crayon et une feuille. Effort : 1 sur 5. Durée : deux minutes, puis cinq pour l’objectif de donjon.
- Ce que vous y gagnez : une progression que vous seul pouvez ouvrir, et le réflexe des douze mots sur papier. Si vous les perdez, vous perdez votre progression, rien d’autre.
Cette page a deux parties. D’abord le rite, qui prend deux minutes et vous fait entrer. Ensuite la lecture détaillée, que vous lirez quand vous voudrez : elle explique le pourquoi, les variantes et les risques.
Le rite : deux minutes pour entrer
Il vous faut un crayon et une feuille. Installez-vous là où personne ne lit par-dessus votre épaule.
Le rite a trois étapes : le serment, les douze mots, puis trois mots à ressaisir.
1. Le serment
Le Portier, le garde de l’entrée : « Approchez, et levez la main droite. Gardez l’autre pour le crayon. »
Vous allez recevoir douze mots. Vous promettez :
- de les recopier sur papier ;
- de ne jamais les photographier ;
- de ne les envoyer ni par courriel, ni dans un stockage en ligne, ni à un cousin ;
- de ne jamais les coller dans un champ de saisie, même s’il a l’air officiel.
Si vous êtes d’accord, cliquez sur « Je le jure ». Les douze mots apparaissent ensuite.
[Je le jure]
2. Les douze mots
La Cafetière prend la parole. C’est l’encart où vous tapez vos réponses : elle tire les mots et vérifie vos saisies.
> *pschhh* je tire vos douze mots, ici, dans votre navigateur.
> le site ne les reçoit pas, et je ne les garde pas : je ne suis reliée à rien.Recopiez les douze mots sur la feuille, dans l’ordre, avec leur numéro : « 1. abandon, 2. … ».
- Soignez les quatre premières lettres de chaque mot : elles suffisent à le reconnaître.
- Les accents ne comptent pas : à la saisie, « e » vaut « é » ou « è ».
- Sur papier uniquement : pas de photo, pas de fichier, pas de courriel à vous-même.
Si vous tentez une photo de l’écran, la Cafetière affiche :
> non. une photo part presque toujours dans un stockage en ligne. vos mots n'y ont rien à faire.[Je les ai recopiés sur papier]
3. Les trois mots ressaisis
La Cafetière vous demande trois mots, par exemple le n° 3, le n° 8 et le n° 11. Tapez-les en lisant votre feuille, pas de mémoire. Elle vérifie ainsi que votre copie est juste. Les vrais portefeuilles de cryptomonnaie font la même vérification.
Trois mots justes : vous avez accompli l’objectif de taverne, la preuve que vous avez compris. Vous recevez :
- l’écusson (une récompense du jeu) Gardien des Douze, en version peinte. La version forgée viendra avec l’objectif de donjon, plus bas ;
- 10 liards, les points du jeu ;
- le premier rang, Gueux assermenté.
Hilarion, le héraut qui annonce les rangs : « Oyez : vous voici Gueux assermenté. Vous n’avez rien, mais vous l’avez juré. C’est ainsi que commencent les plus grandes maisons, et la plupart des dettes. »
Percolozor, le Maître du Donjon, c’est-à-dire l’auteur du site, en voix off. Il m’a fallu trois essais pour recopier mes propres douze mots. Vous avez réussi du premier coup, et je m’en remettrai.
Le rite est fini. La Herse est levée. Derrière, la cour : de là, vous accédez à toutes les formations. Rangez la feuille dans un endroit fixe. La suite de cette page se lit à votre rythme.
La lecture détaillée
Pourquoi cette salle
Vous venez de fabriquer vous-même la clé de votre coffre. La plupart des gens ne le font jamais.
Vos douze mots chiffrent votre parchemin : ils le rendent illisible pour quiconque ne les a pas. Le parchemin est un fichier chiffré qui garde votre progression : les salles visitées, vos écussons, et vos drapeaux (les preuves de réussite des quêtes). Le site ne voit ni les mots, ni le parchemin, ni votre nom. Il n’a d’ailleurs aucun endroit où les ranger.
C’est exactement le geste d’un portefeuille de cryptomonnaie : une phrase de récupération notée à la main, une vérification, une restauration. Mais ici, sans un centime en jeu. Si vous vous trompez, vous perdez quelques écussons. C’est le meilleur endroit au monde pour se tromper.
L’histoire
Paul a quarante-deux ans et, comme tout le monde, une quarantaine de mots de passe. Il en connaît trois. Pour les autres, il y a un bouton bleu : « Mot de passe oublié ? ». Il clique, il reçoit un courriel, il recommence. Sa banque, son opérateur, sa mutuelle : quelqu’un, quelque part, a toujours un double de ses clés. C’est confortable. Paul n’y a jamais réfléchi.
Un dimanche, Paul vide la maison de sa grand-mère. Dans l’armoire, il trouve un bas de laine. Dedans, quelques pièces, et un papier plié en quatre, écrit au crayon. C’est la liste de ce qu’elle avait mis de côté, et où. Pas de banque, pas de bouton bleu, pas de service client. Juste un papier, et la confiance qu’un jour quelqu’un saurait le lire.
Paul comprend que sa grand-mère faisait une chose qu’il ne sait plus faire : répondre elle-même de ce qu’elle possédait. Personne ne pouvait lui geler son bas de laine. Personne non plus ne pouvait le lui retrouver si elle l’égarait. Les deux vont ensemble.
Le soir, Paul ouvre Bas de Laine. On lui propose douze mots. Il cherche le bouton « Mot de passe oublié ». Il n’y en a pas. Il comprend que c’est précisément le sujet.
Il prend un crayon.
La recette
Le rite vous a fait noter vos douze mots. La recette ajoute le second geste, décacheter, puis les règles du quotidien.
Étape 1 : décachetez votre parchemin
Décacheter, c’est recharger votre parchemin et l’ouvrir avec vos douze mots. C’est aussi l’objectif de donjon de la salle : la preuve que vous savez faire le vrai geste. Comptez cinq minutes, quand vous voudrez.
- Emportez votre parchemin. Cliquez sur le bouton de téléchargement. Le fichier arrive dans votre dossier Téléchargements.
- Rangez-le où vous voulez : clé USB, stockage en ligne, courriel à vous-même. Sans les mots, personne ne peut le lire. Seule règle : ne le rangez pas au même endroit que la feuille.
- Fermez l’onglet du site.
- Rouvrez le site et chargez votre parchemin.
- Saisissez vos douze mots. Votre progression réapparaît : vous avez décacheté votre parchemin.
Vous venez de restaurer votre propre coffre, sans l’aide de personne. C’est l’objectif de donjon de la salle.
Étape 2 : prenez les habitudes du quotidien
- La copie de l’écritoire. C’est la copie automatique de votre progression dans votre navigateur. Elle est chiffrée, et elle ne contient jamais les mots. À chaque visite, vous ressaisissez donc vos mots. Une option « Se souvenir de cet appareil » vous en dispense. Elle est désactivée par défaut : le tableau des variantes, plus bas, explique son risque.
- Le parchemin change, les mots restent. Après une bonne séance, emportez à nouveau votre parchemin. C’est la seule copie qui survit à un nettoyage du navigateur. Le site affiche toujours deux dates : celle de la dernière copie de l’écritoire, et celle du dernier parchemin emporté.
- Sous Tor Browser, le navigateur efface tout à la fermeture. Votre parchemin et vos mots sont alors le seul moyen de retrouver votre progression. Vous le vérifierez au Puits du Revenant, avec le jet de sauvegarde : vous y restaurez votre progression dans un autre navigateur.
Étape 3 : retenez deux règles
- Ces douze mots ne sont pas un portefeuille. Ils ne doivent jamais le devenir. Ils suivent la norme BIP-39, celle des portefeuilles de cryptomonnaie. Un vrai portefeuille pourrait donc les accepter. Ne les y saisissez jamais, et n’y déposez jamais d’argent. Pour fabriquer sa clé, le site ajoute à vos mots un « sel » : une valeur fixe, propre au site. Ainsi, un secret d’entraînement ne se mélange jamais à un secret d’argent. La norme BIP-39 elle-même déconseille les listes non anglaises pour les vrais portefeuilles, car la grande majorité ne les accepte pas.
- Personne, jamais, n’a besoin de vos mots. Le site ne vous les redemande qu’à un seul endroit : quand vous décachetez votre parchemin, dans votre navigateur. Ailleurs, quelqu’un qui demande vos mots est un voleur : une page qui ressemble au site, un « support technique », un message privé. Ici, il ne volerait que vos écussons. Avec un vrai portefeuille, il viderait tout. Si vous collez par erreur une phrase de récupération dans l’encart de la Cafetière, elle la refuse et vous explique pourquoi.
Les variantes : ce que chacune vous fait gagner et risquer
Il existe plusieurs façons de garder vos douze mots. L’effort va de 1 (facile) à 5 (exigeant).
| Variante | Effort | Ce que vous gagnez | Ce que vous risquez |
|---|---|---|---|
| Papier, une copie chez vous (la recette du rite) | 1 | Le vrai geste, celui des portefeuilles | Le papier se perd, se mouille, part à la poubelle avec les prospectus |
| Papier, deux copies en deux lieux | 2 | Survit à un dégât des eaux ou à un déménagement | Deux endroits où on peut le trouver (pour ces mots-là, sans enjeu) |
| « Se souvenir de cet appareil » (désactivé par défaut) | 1 | Plus besoin de ressaisir les mots sur votre ordinateur habituel | Quiconque utilise votre session voit votre progression. Ne remplace pas le papier |
| Gestionnaire de mots de passe | 1 | Confortable, synchronisé | Acceptable pour ces douze mots, sans argent en jeu. Mauvais réflexe pour une vraie phrase de récupération : voir les risques |
Notre conseil : prenez la variante papier. Pour un simple parchemin, elle n’est pas plus sûre que les autres. Mais elle vous entraîne au geste que vous ferez avec un vrai portefeuille.
La boussole
La boussole est le profil de la salle sur six axes, notés de 0 à 3. Le point de comparaison est le village : ce que vous faites déjà, avec vos comptes et leur bouton « Mot de passe oublié ». Le vrai gain n’est pas dans le tableau : il est dans tout ce que ce geste rend possible ensuite.
| Axe | Pourquoi |
|---|---|
| Garde | Vous détenez seul la clé de quelque chose. C’est petit, mais c’est la première fois. |
| Juridiction | Rien ne change de pays. |
| Monnaie | Pas d’argent en jeu. |
| Discrétion | Pas de compte, pas de courriel, pas de nom : le site ne sait rien de votre progression. |
| Confort | Une fois compris, c’est simple. Mais il faut ressaisir des mots, là où vous aviez un bouton « Mot de passe oublié ». |
| Prudence (un risque existant réduit) | Vous apprenez à l’abri un geste dont l’erreur coûte cher ailleurs. |
Les quatre caméras
Une caméra est un observateur : le curieux, la banque, la plateforme, l’administration.
| Caméra | Ce qu’elle voit, comparé au village |
|---|---|
| du Badaud (le curieux, le voleur) | Un fichier au nom banal, illisible sans les mots. S’il trouve votre feuille seule, il lit douze mots sans queue ni tête. |
| du Changeur (la banque) | Rien ne la concerne ici, et rien ne change pour elle. |
| du Marchand (la plateforme : ici, le site et son hébergeur) | Ni compte, ni mots, ni progression. Comme pour n’importe quel site, l’hébergeur voit l’adresse IP qui charge les pages, rien de ce que vous en faites. |
| de l’Intendance (l’administration) | Rien ne change. Vous n’avez rien à déclarer. |
Les risques, chiffrés
Ici, le plafond du dommage est connu d’avance : votre progression, et rien d’autre. Six risques, comparés à ce que vous faites déjà avec votre banque et votre carte. Le seul risque nouveau est de perdre la feuille.
| Risque | En une ligne |
|---|---|
| 1. Perdre la feuille | Le risque principal : vous recommencez à la Herse avec de nouveaux mots. |
| 2. Perdre le parchemin | Vous perdez la progression depuis le dernier parchemin emporté. |
| 3. Quelqu’un trouve la feuille | Faible, et sans le parchemin, il ne lit rien. |
| 4. Donner ses mots à un faux site | Sans enjeu ici ; total et définitif avec un vrai portefeuille. |
| 5. Le site disparaît | Les écussons deviennent des souvenirs ; le savoir reste. |
| 6. Un ordinateur infecté | Le même risque que pour votre banque en ligne, avec un enjeu bien moindre. |
1. Perdre la feuille
- Possible ? Oui. C’est le risque principal.
- Probable ? Réellement. Une feuille volante finit souvent au recyclage. Il n’existe pas de chiffre fiable sur la fréquence des phrases de récupération perdues : nous n’en citons donc pas.
- Coût : votre progression. Vous recommencez à la Herse avec de nouveaux mots. Les écussons déjà gagnés ne reviennent pas tout seuls, mais les quêtes se refont vite la deuxième fois.
- Par comparaison : perdre son mot de passe bancaire coûte cinq minutes et un SMS. Perdre une vraie phrase de récupération coûte tout l’argent du portefeuille. Vous êtes ici entre les deux, dans la zone où l’on apprend.
- Avec le temps : le risque grandit tant que la feuille n’a pas de place fixe. Il disparaît quand elle en a une, et quand vous avez testé la restauration au Puits du Revenant.
2. Perdre le parchemin
- Possible ? Oui : nettoyage du navigateur, changement d’ordinateur, ou Tor Browser qui efface tout à la fermeture.
- Probable ? Oui, si vous n’emportez jamais votre parchemin. Sous Tor Browser, c’est certain.
- Coût : la progression depuis le dernier parchemin emporté. Les mots seuls ne suffisent pas : ils sont la clé, le parchemin est le coffre.
- Par comparaison : c’est le relevé de compte que vous n’avez pas imprimé. Sans gravité, mais agaçant.
3. Quelqu'un trouve la feuille
- Possible ? Oui.
- Probable ? Faible. Et une liste de douze mots français ne dit rien à personne.
- Coût : s’il a aussi votre parchemin, il lit votre progression. C’est tout.
- Par comparaison : un code de carte bancaire noté au dos de la carte peut coûter de l’argent. En cas de négligence grave, la banque peut refuser de vous rembourser. Ici, rien.
4. Donner ses mots à un faux site
- Possible ? Oui. L’hameçonnage consiste à imiter un service de confiance pour vous voler une information. Pour les phrases de récupération, c’est un classique : une fausse page, un faux support, un faux formulaire de « vérification ».
- Probable ? Pour ce site, un voleur n’a rien à y gagner. Pour les vrais portefeuilles, c’est fréquent.
- Un cas documenté, voisin de l’hameçonnage : en 2022, des pirates ont volé les coffres chiffrés du gestionnaire de mots de passe LastPass, utilisé par des millions de personnes. Ensuite, plus de 35 millions de dollars de cryptomonnaies ont été dérobés à plus de 150 victimes confirmées. Leur point commun : elles avaient rangé leur phrase de récupération dans ce gestionnaire. Le lien entre la fuite et les vols repose sur une corrélation établie par des chercheurs, pas sur une preuve formelle.
- Coût ici : nul. Coût avec de l’argent : total et définitif.
- Tendance : l’hameçonnage suit l’argent. Plus la crypto se répand, plus il y a de faux sites. Prenez donc le réflexe ici, gratuitement : mes mots ne vont nulle part.
5. Le site disparaît
- Possible ? Oui. Un site pseudonyme et gratuit n’a pas de contrat avec vous.
- Coût : les écussons deviennent des souvenirs. Votre savoir, lui, reste.
- À noter : le format du parchemin n’a rien de secret. C’est un chiffrement standard, que n’importe quel programmeur sait ouvrir avec vos mots, sans le site.
6. Un ordinateur infecté
- Possible ? Oui, comme pour votre banque en ligne : un logiciel espion qui lit l’écran voit ce que vous voyez.
- Coût ici : votre progression. C’est le risque que vous prenez déjà en consultant votre compte en ligne, avec un enjeu bien moindre.
Oubliette : la Photo des Douze Mots. Une oubliette est un piège réel, où tombent les débutants. Vous photographiez vos douze mots, et le téléphone envoie la photo dans son stockage en ligne, avec les autres : vos mots ne sont plus à vous seul. Parade : le papier, et seulement le papier ; pour une vraie phrase de récupération, c’est l’une des façons les plus courantes de tout perdre.
Partageot, l’écuyer de votre compagnie, qui partage tout : « Une photo, juste une, pour ne pas les perdre. Elle est maintenant sur trois téléphones et dans le stockage en ligne de ma tante. »
Oubliette : le Support Très Serviable. Une oubliette est un piège réel, où tombent les débutants. Un « assistant » vous écrit pour vous aider et demande vos douze mots. Parade : personne n’a besoin de vos douze mots pour vous aider ; celui qui les demande est un voleur.
Basile, le gardien des oubliettes : « Je vous aide à remonter de toutes mes oubliettes, et je ne vous ai jamais demandé vos mots. »
La quête : Le serment des Douze
La quête est l’exercice de la salle. Elle a deux objectifs, indépendants l’un de l’autre. L’objectif de taverne prouve que vous avez compris. L’objectif de donjon prouve que vous avez fait le vrai geste. Vous donnez votre preuve à la Cafetière, l’encart qui vérifie vos réponses dans votre navigateur. Si la preuve est bonne, votre navigateur fabrique votre drapeau : un code GRAIN{xxxx-xxxx} qui prouve votre réussite. La Cafetière l’inscrit dans votre parchemin. Chaque objectif vous donne aussi un écusson (une récompense du jeu) et des liards (les points du jeu).
Objectif de taverne : ressaisir trois mots
C’est le rite, en haut de cette page. Saisissez, en lisant votre feuille, les trois mots dont la Cafetière vous donne les numéros. Votre navigateur les compare à ceux qu’il vient de tirer, puis fabrique votre drapeau.
Objectif de donjon : décacheter votre parchemin
C’est l’étape 1 de la recette. Emportez votre parchemin, fermez l’onglet, revenez, rechargez le fichier, puis saisissez vos douze mots. Votre navigateur ouvre le parchemin et fabrique votre drapeau.
Comment la Cafetière vérifie, chez vous
Rien ne sort de votre navigateur : ni les mots, ni le parchemin.
Le détail de la vérification
- Objectif de taverne : votre navigateur compare les trois mots saisis à ceux qu’il vient de tirer. Il ignore les majuscules et les accents, et quatre premières lettres justes suffisent.
- Objectif de donjon : votre navigateur fabrique la clé à partir de vos douze mots, puis tente d’ouvrir le parchemin. Si un mot est faux, ou si le fichier est abîmé, l’ouverture échoue : il n’existe pas de « presque bon ». Si elle réussit, votre navigateur calcule le hash du parchemin. Un hash est une empreinte : une formule transforme le fichier en une courte suite de caractères, toujours la même pour le même fichier. Votre drapeau en est tiré, au format
GRAIN{xxxx-xxxx}: huit caractères qui n’appartiennent qu’à vous. - Pourquoi chaque drapeau est unique : vos mots diffèrent de ceux des autres lecteurs, et chaque parchemin est chiffré avec un élément aléatoire neuf. Deux parchemins ne se ressemblent donc jamais, et deux drapeaux non plus. Aucune valeur secrète n’est écrite dans le code du site.
- Peut-on tricher ? Oui, en lisant le code du site, comme pour tous les drapeaux, puisque tout se vérifie dans votre navigateur. Quelqu’un qui lit le code peut fabriquer un parchemin et son drapeau. Mais pour cela, il doit tirer des mots, chiffrer un fichier et le déchiffrer. Autrement dit, faire l’exercice. Tricher ne rapporte rien, sinon le geste.
La Cafetière distingue deux erreurs, pour vous aider :
- « ces mots ne forment pas une phrase valide » : un mot est mal recopié. Les douze mots contiennent une petite vérification intégrée, qui détecte la plupart des fautes de copie ;
- « phrase valide, mais ce n’est pas la bonne » : tous les mots existent, mais ce ne sont pas les vôtres, ou le parchemin n’est pas le bon.
Pour les curieux : la technique exacte
- Le tirage : votre navigateur tire 128 bits de hasard avec son propre générateur, y ajoute 4 bits de contrôle, et traduit le tout en douze mots de la liste BIP-39 française (2 048 mots). Aucune requête ne part.
- La liste française : chaque mot se reconnaît à ses quatre premières lettres, « é » et « è » y comptent comme « e », et deux mots ne diffèrent jamais d’une seule lettre. D’où les règles de saisie du rite.
- La clé : elle est dérivée des douze mots par PBKDF2-SHA256, avec un sel propre au site.
- Le chiffrement : AES-GCM, avec un vecteur d’initialisation neuf à chaque parchemin.
- Le drapeau : il est tiré du hash SHA-256 du parchemin rechargé.
- La bibliothèque :
@scure/bip39, sous licence MIT, qui embarque la liste française.
Pour les curieux : la technique exacte
- Le tirage : votre navigateur tire 128 bits de hasard avec son propre générateur, y ajoute 4 bits de contrôle, et traduit le tout en douze mots de la liste BIP-39 française (2 048 mots). Aucune requête ne part.
- La liste française : chaque mot se reconnaît à ses quatre premières lettres, « é » et « è » y comptent comme « e », et deux mots ne diffèrent jamais d’une seule lettre. D’où les règles de saisie du rite.
- La clé : elle est dérivée des douze mots par PBKDF2-SHA256, avec un sel propre au site.
- Le chiffrement : AES-GCM, avec un vecteur d’initialisation neuf à chaque parchemin.
- Le drapeau : il est tiré du hash SHA-256 du parchemin rechargé.
- La bibliothèque :
@scure/bip39, sous licence MIT, qui embarque la liste française.
Les sucres
Les sucres sont trois niveaux d’aide gratuits. Un sucre donne une piste, deux donnent la méthode, trois donnent la solution. Ouvrez-les un par un. Ils ne vous retirent rien : votre journal note seulement combien vous en avez pris.
Un sucre, une piste
Lisez d’abord le message d’erreur. « Phrase invalide » : un mot est mal recopié. « Pas la bonne phrase » : tous les mots existent, mais ce ne sont pas les vôtres, ou le parchemin n’est pas le bon.
Deux sucres, la méthode
Vérifiez les mots un par un, par leurs quatre premières lettres. Le champ de saisie vous propose les mots possibles. Vérifiez l’ordre : un seul mot mal placé fait tout échouer. Vérifiez que vous chargez le parchemin le plus récent, pas un vieux doublon (1) du dossier Téléchargements.
Trois sucres, la solution
Si la feuille est perdue ou illisible, il n’y a pas de solution : c’est la leçon. Retournez à la Herse, tirez de nouveaux mots, et relisez la feuille avant de valider. Personne ne peut retrouver vos mots, pas même nous. Surtout pas nous.
Le déca
Vous pouvez lire la salle sans accomplir la quête : c’est « prendre un déca ». Vous n’aurez pas l’écusson, mais le chemin continue, et vous pourrez revenir faire la quête quand vous voudrez.
Ici, le déca ne vaut que pour l’objectif de donjon : le rite, lui, ouvre le château.
Le verdict
Écusson forgé : Gardien des Douze. Vous venez de restaurer un coffre que personne d’autre au monde ne sait ouvrir : ni le site, ni son hébergeur, ni votre banque, ni Bercy. Douze mots sur un papier : bienvenue dans la technologie du futur, celle qui repose sur un crayon. Le chapeau en papier d’aluminium est vendu séparément.
Ce que dit la loi
En bref : chiffrer est libre en France, et ce site ne collecte aucune donnée personnelle. Une seule limite existe, et elle ne concerne pas cette salle.
La loi en détail : chiffrement, données personnelles, remise de clé
- Chiffrer est libre. En France, « l’utilisation des moyens de cryptologie est libre » (article 30 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique du 21 juin 2004). Tirer douze mots et chiffrer un fichier chez vous ne demande ni déclaration ni autorisation.
- Aucune donnée personnelle collectée. Le site ne vous demande ni nom, ni courriel, ni compte. Il range bien une copie chiffrée de votre progression dans votre navigateur. Mais l’article 82 de la loi Informatique et Libertés dispense de consentement ce qui est « strictement nécessaire » à un service que vous avez expressément demandé. La CNIL le rappelle. C’est le cas ici, d’où l’absence de bannière.
- Une limite à connaître, pour plus tard. L’article 434-15-2 du code pénal vise la « convention secrète de déchiffrement » : votre mot de passe ou votre clé, en clair. Si l’autorité judiciaire vous la réclame pour un moyen de cryptologie qui a pu servir à un crime ou à un délit, refuser de la remettre est puni de 3 ans de prison et de 270 000 € d’amende (texte vérifié en octobre 2026). La peine monte à 5 ans et 450 000 € si la remise aurait permis d’éviter l’infraction. Le 7 novembre 2022, l’assemblée plénière de la Cour de cassation a jugé que le code de déverrouillage d’un téléphone peut en relever, si le téléphone est équipé d’un moyen de cryptologie (n° 21-83.146). Pour un parchemin de progression, la question ne se posera pas. Pour de vrais portefeuilles, elle se pose autrement : le détail est au Greffe · La loi en chiffres.
Pour aller plus loin
Dans l’Aile du Trésor
- La Galerie des Pièces Rognées · Qui tient la monnaie : pourquoi détenir soi-même une clé n’est pas un caprice, mais une vieille question qui revient à chaque siècle.
- Le Cabinet des Curiosités Monétaires · Qu’est-ce que l’argent : ce que vos douze mots ont en commun avec un bitcoin. Presque tout, sauf la valeur.
- Le Puits du Revenant · Tout perdre, tout retrouver : la suite directe de cette salle. Vous y faites votre jet de sauvegarde : décacheter votre parchemin en navigation privée, derrière un VPN ou dans Tor Browser.
- La Chambrée · Premier portefeuille : le même geste, cette fois avec une vraie phrase de récupération. Vous verrez que vous savez déjà le faire.
- La Salle des Coffres · Garder ses clés (et les transmettre) : papier, métal, deux lieux, et la lettre qui permet à vos proches d’hériter sans jamais voir vos mots.
Dans la Tour aux Volets
- L’Atelier du Serrurier · Les mots de passe, enfin réglés : la même discipline, appliquée à vos comptes. Et la règle qui relie les deux : jamais de phrase de récupération dans un gestionnaire de mots de passe.
- Les Souterrains à Trois Relais · Tor : se fondre dans la foule : le navigateur qui oublie tout à la fermeture, et pour lequel votre parchemin devient indispensable.
Sources
Vérifiées en octobre 2026.
- BIP-39, spécification (12 mots = 128 bits d’entropie + 4 bits de somme de contrôle, normalisation NFKD, recommandation sur les listes non anglaises) : https://github.com/bitcoin/bips/blob/master/bip-0039.mediawiki
- BIP-39, règles des listes de mots, dont la liste française (2 048 mots, identification par les 4 premières lettres, « é » et « è » équivalents à « e », pas de mots différant d’une seule lettre) : https://github.com/bitcoin/bips/blob/master/bip-0039/bip-0039-wordlists.md
@scure/bip39, bibliothèque MIT qui embarque la liste française : https://github.com/paulmillr/scure-bip39- MDN, chiffrement AES-GCM et vecteur d’initialisation : https://developer.mozilla.org/en-US/docs/Web/API/SubtleCrypto/encrypt#aes-gcm
- MDN, dérivation de clé PBKDF2 : https://developer.mozilla.org/en-US/docs/Web/API/SubtleCrypto/deriveKey
- MDN, hash SHA-256 natif : https://developer.mozilla.org/en-US/docs/Web/API/SubtleCrypto/digest
- MDN, quotas et effacement du stockage local : https://developer.mozilla.org/en-US/docs/Web/API/Storage_API/Storage_quotas_and_eviction_criteria
- OWASP, repères sur PBKDF2 : https://cheatsheetseries.owasp.org/cheatsheets/Password_Storage_Cheat_Sheet.html
- Tor Browser, document de conception (navigation privée permanente) : https://2019.www.torproject.org/projects/torbrowser/design/
- Tor Browser, niveaux de sécurité : https://support.torproject.org/security-settings/
- Fuite LastPass et vols de cryptomonnaies (plus de 35 millions de dollars, plus de 150 victimes, lien établi par des chercheurs et non confirmé par LastPass) : https://krebsonsecurity.com/2023/09/experts-fear-crooks-are-cracking-keys-stolen-in-lastpass-breach/ ; https://en.wikipedia.org/wiki/2022_LastPass_data_breach
- LastPass, page « À propos » (« des millions de personnes » utilisent le service) : https://www.lastpass.com/company/about-us
- Jameson Lopp, conception des sauvegardes de phrases de récupération : https://blog.lopp.net/a-treatise-on-bitcoin-seed-backup-device-design/
- Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, article 30 : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000801164
- Code pénal, article 434-15-2 : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032654251
- Cour de cassation, assemblée plénière, 7 novembre 2022, n° 21-83.146 : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000046583035
- CNIL, cookies et traceurs, ce que dit la loi (article 82) : https://www.cnil.fr/fr/cookies-et-autres-traceurs/regles/cookies/que-dit-la-loi