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Bas de Laine

L'Aile du Trésor · rez-de-chaussée (le palier)

La Chambrée · Premier portefeuille

Une chambre à vous, un coffret à vous, une clé à vous. Le premier objet du château que personne d'autre ne peut ouvrir.

Quête : Une clé à vous

  • Objectif de taverne : Trouvez l'adresse de réception de votre portefeuille et collez-la. La Cafetière vérifie seulement son format.
  • Objectif de donjon : Signez dans votre portefeuille le message que la Cafetière vous donne, puis collez la signature. Seul le détenteur de la clé peut produire cette signature.

Effort : 2 sur 5. Liberté gagnée : 9 sur 15. Classement : Pépite : gros butin, petit jet.

La boussole de la salle
CaractéristiqueGain (0 à 3)
Garde3
Juridiction2
Monnaie2
Discrétion1
Confort2
Prudence1
CaméraDiscrétion gagnée (0 à 3)
la caméra du Badaud1
la caméra du Changeur2
la caméra du Marchand2
la caméra de l'Intendance0

L’essentiel en cinq lignes

  1. Où vous êtes : à la Chambrée, la salle de l’Aile du Trésor (la partie du site sur la monnaie) où vous créez votre premier portefeuille.
  2. Ce que vous apprenez : détenir vous-même la clé d’un portefeuille de cryptomonnaie, sans banque ni plateforme.
  3. Ce que vous faites : vous notez la phrase de récupération (12 ou 24 mots) sur papier, puis vous signez un court message. Aucun argent ne bouge.
  4. Ce qu’il vous faut : un téléphone ou un navigateur, un crayon, une feuille. Ni euro, ni pièce d’identité. Effort : 2 sur 5. Durée : une vingtaine de minutes.
  5. Ce que vous y gagnez : une clé que personne ne peut bloquer, et le réflexe de lire avant de signer.

Pourquoi cette salle

Cette salle vous apprend à détenir vous-même une clé. Jusqu’ici, votre argent a toujours eu un gardien : la banque, la plateforme, ou l’État qui émet la monnaie. Ici, vous vous passez du gardien pour une chose précise : la clé.

En une vingtaine de minutes, vous faites trois gestes :

  • vous installez un portefeuille que vous seul contrôlez ;
  • vous notez sa phrase de récupération sur papier ;
  • vous prouvez que vous tenez la clé, en signant un message.

Cette salle est une clé de voûte : beaucoup d’autres salles en dépendent. Presque toutes partent de l’adresse que vous signerez ici.

À la fin de la salle, vous saurez :

  • distinguer un portefeuille auto-dépositaire (vous tenez la clé) d’un compte sur une plateforme (quelqu’un la tient pour vous) ;
  • choisir le portefeuille qui correspond à ce que vous visez : bitcoin, stablecoins (des jetons qui valent un dollar ou un euro) ou Monero (une cryptomonnaie conçue pour la discrétion) ;
  • noter et ranger une phrase de récupération sans la confier à aucun écran ;
  • lire un message avant de le signer. Ce réflexe vous protège déjà de la plupart des arnaques.

Percolozor, l’auteur du site, en voix off. La Chambrée est petite : un lit, un coffret et une serrure. Tout le budget de la pièce est passé dans la serrure.

L’histoire

Cas fictif, construit sur des faits réels.

Novembre 2022. Paul a acheté pour 3 000 € de bitcoin sur l’une des plus grandes plateformes d’échange au monde. Ses bitcoins s’affichent dans l’application, avec un joli graphique. Paul se sent propriétaire.

Le 8 novembre, la plateforme bloque les retraits. Le 11, elle se déclare en faillite. Le solde de Paul s’affiche toujours, au centime près, mais il ne peut plus rien en faire.

Paul ne possédait pas de bitcoins. Il possédait une ligne dans la base de données de quelqu’un d’autre : une promesse de lui rendre ses bitcoins. Des années plus tard, la procédure de faillite lui rendra leur valeur en dollars au jour de la faillite, au plus bas du marché. Elle ne lui rendra pas ses bitcoins.

La même semaine, sa cousine Jeanne n’a rien remarqué. Elle avait acheté au même endroit. Mais elle avait ensuite envoyé ses bitcoins vers un portefeuille installé sur son téléphone. Elle avait noté les douze mots de ce portefeuille sur une feuille, rangée dans un tiroir. La faillite ne la concernait pas : la plateforme n’avait plus rien à elle.

Même achat, même endroit. Un seul des deux détenait ce qu’il avait acheté. Les habitués des cryptomonnaies le disent en anglais : not your keys, not your coins, « pas vos clés, pas vos pièces ». Cette salle sert à faire de vous une Jeanne, avant même d’avoir un euro à protéger.

La recette

Ce qu’est un portefeuille, en une minute

Un portefeuille de cryptomonnaie ne contient pas d’argent. L’argent est inscrit sur une chaîne de blocs : un registre public, recopié sur des milliers d’ordinateurs. Le portefeuille contient une clé : un très grand nombre secret. Cette clé donne le droit de dépenser ce qui est inscrit à une adresse.

  • L’adresse se donne. C’est l’équivalent de votre RIB.
  • La clé ne se donne jamais. C’est votre signature, et la seule.
  • La phrase de récupération (12 ou 24 mots) est la clé maîtresse, écrite en mots lisibles. Avec elle, on reconstruit le portefeuille sur n’importe quel appareil. Toute personne qui lit la phrase peut prendre les fonds.

Vous connaissez déjà ce principe. À la Herse aux Douze Mots, l’entrée du site, vous avez reçu les Douze : les douze mots du site. Ils chiffrent votre parchemin, c’est-à-dire votre fichier de progression. Ici, le geste est le même, mais pour de l’argent.

Une règle sans exception. Les Douze du site ne sont pas une phrase de portefeuille. Votre phrase de portefeuille ne sert jamais au site. Deux secrets, deux feuilles, deux usages. La Cafetière (l’encart du site qui vérifie vos preuves, dans votre navigateur) refuse d’ailleurs toute phrase de récupération qu’on y colle.

Choisir son portefeuille

Aucun portefeuille n’est le meilleur pour tout le monde. Choisissez celui qui correspond à ce que vous comptez faire ensuite. Pour cette salle, un seul suffit.

Vous visez… Le plus simple Où il s’installe Effort (1 à 5) La salle suivante
Des stablecoins et une carte de paiement MetaMask (voie A, la plus simple pour l’exercice de fin de salle) extension de navigateur, iPhone, Android 1 la Taverne des Remparts (Payer aussi simplement qu’avec sa carte)
La même chose, avec plus de protections Rabby extension de navigateur, ordinateur, mobile 1 à 2 la même
Du bitcoin, simplement BlueWallet (voie B) iPhone, Android 1 à 2 le Grand Salon des Changeurs (Acheter au guichet), le Passage des Estafettes (Lightning), la Salle des Coffres (Garder ses clés)
Du bitcoin et, plus tard, du Monero Cake Wallet iPhone, Android, ordinateur 2 le Sas des Brumes (Monero)

Rien ne vous empêche d’en installer deux.

Voie A : MetaMask (stablecoins)

MetaMask fonctionne sur Ethereum (une chaîne de blocs différente de celle de Bitcoin) et sur les réseaux compatibles avec Ethereum, qu’on appelle les réseaux EVM.

  1. Tapez vous-même l’adresse metamask.io. Depuis ce site, suivez les liens vers le magasin d’applications ou vers l’extension de navigateur.
  2. N’installez jamais MetaMask depuis une publicité ou un lien reçu. Les fausses applications de portefeuille sont la première porte des voleurs.
  3. Choisissez « Créer un nouveau portefeuille ».
  4. Choisissez un mot de passe. Il verrouille l’application sur cet appareil, rien de plus. Ce n’est pas lui qui protège votre argent.
  5. Refusez la sauvegarde « avec Google ou Apple », si l’application la propose. Elle enverrait votre clé chez un tiers. Ici, vous tenez la clé vous-même.
  6. MetaMask affiche votre phrase secrète de récupération (12 mots). Écrivez-la sur papier, au crayon, dans l’ordre, en numérotant chaque mot.
  7. Ne la mettez sur aucun écran : ni photo, ni capture, ni note, ni gestionnaire de mots de passe, ni courriel.
  8. Confirmez les mots demandés en relisant votre feuille, pas votre mémoire.
  9. Repérez votre adresse, en haut de l’écran. Elle commence par 0x. C’est la même sur Ethereum et sur les réseaux compatibles (Base, Arbitrum, Linea…).

Voie B : BlueWallet (bitcoin)

  1. Installez BlueWallet depuis l’App Store ou Google Play. Vérifiez que l’éditeur s’appelle bien BlueWallet.
  2. Touchez Ajouter un portefeuille, puis Bitcoin, puis Créer.
  3. BlueWallet affiche votre phrase. Notez-la sur papier, au crayon, dans l’ordre, avec les numéros. Rien sur un écran.
  4. Relisez chaque mot. Si un mot est difficile à relire, recopiez-le lisiblement tout de suite : un mot illisible rend la phrase inutilisable.
  5. Repérez votre adresse de réception. Elle commence par bc1q. C’est le format moderne de Bitcoin, et la Cafetière sait le vérifier.
Les variantes : Rabby, Cake Wallet, un portefeuille que vous avez déjà, un portefeuille matériel
  • Rabby suit le même principe que MetaMask, avec la même adresse 0x. En plus, il simule chaque transaction avant que vous la signiez : il vous montre ce qui va sortir du portefeuille (voir le risque n° 4).
  • Cake Wallet réunit bitcoin et Monero dans la même application. Il sait signer un message bitcoin : Réglages → Autres → Signer/Vérifier. Attention, la phrase d’un portefeuille Monero n’a pas le même format que les autres : 16 mots par défaut (format Polyseed), ou 25 mots dans l’ancien format.
  • Vous avez déjà un portefeuille : passez directement à la quête (l’exercice de fin de salle).
  • Vous avez un portefeuille matériel (un petit boîtier, comme un Ledger, un Trezor ou un Coldcard, qui garde la clé hors de l’ordinateur) : il convient aussi pour la quête. Trois pièges sont fréquents :
    • Un seul logiciel à la fois peut parler au boîtier. Fermez le logiciel du fabricant (Trezor Suite, Ledger Live) avant d’ouvrir un autre logiciel, comme Sparrow (un logiciel bitcoin pour ordinateur). Sinon, l’autre logiciel ne trouve pas le boîtier.
    • Trezor Suite ne gère pas Monero. Pour utiliser Monero avec un Trezor, il faut un autre logiciel : Cake Wallet, ou Monero GUI sur ordinateur.
    • Sur iPhone, Cake Wallet ne fonctionne qu’avec le Trezor Safe 7. Avec un Trezor Safe 3 ou Safe 5, Cake Wallet ne marche que sur Android (tableau de compatibilité de Trezor, octobre 2026).

Ranger la feuille

Pour cette salle, un seul exemplaire papier suffit. Rangez-le dans un endroit que vous retrouverez, et qu’un visiteur ne fouillera pas. Le portefeuille est vide : c’est le bon moment pour prendre les bonnes habitudes.

Le double exemplaire, la plaque de métal et la transmission à vos proches viendront à la Salle des Coffres (Garder ses clés). Ce sera le jour où il y aura quelque chose à transmettre.

Le déclic

Une fois la phrase rangée, un portefeuille s’utilise comme une application bancaire. On l’ouvre, on lit son solde, on copie son adresse pour recevoir, on scanne un QR code pour payer. La seule nouveauté est la feuille dans le tiroir. Elle coûte cinq minutes, une seule fois.

La boussole

La boussole est le profil de la salle sur six axes, notés de 0 à 3. Le point de comparaison est le village : ce que vous faites déjà, avec votre banque et votre carte. Par rapport au village, cette salle vous rend surtout la garde de votre argent.

Axe Pourquoi
Garde Vous tenez la clé. Personne ne peut bloquer ce qui est à cette adresse, ni le « mettre en attente de justificatif ».
Juridiction Le logiciel n’est le client de personne. Vos fonds ne dépendent ni de la faillite ni du pays d’un intermédiaire. L’émetteur d’un stablecoin, lui, reste soumis au droit de son pays (voir la Taverne des Remparts).
Monnaie Vous pouvez détenir autre chose que l’euro de votre banque : du bitcoin, ou des dollars et des francs suisses sous forme de jetons.
Discrétion Une adresse neuve ne dit rien de vous. Mais les chaînes Bitcoin et EVM sont publiques : qui connaît votre adresse voit tout son historique.
Confort Presque aussi simple qu’une application bancaire. La feuille de papier et la lecture avant de signer sont les deux gestes nouveaux.
Prudence (un risque existant réduit) Le risque de faillite ou de blocage par un intermédiaire disparaît. En échange, un risque nouveau : personne ne restaure le portefeuille pour vous.

Les quatre caméras

Une caméra est un observateur : le curieux, la banque, la plateforme, l’administration. Chacune détaille la Discrétion, toujours par rapport au village.

Caméra Ce qu’elle voit, comparé au village
du Badaud (le curieux, le voleur) Rien, tant que vous ne parlez pas de votre portefeuille et que la feuille est rangée. S’il obtient votre adresse, il voit le solde et tout l’historique, à vie.
du Changeur (la banque) Rien de ce qui se passe dans le portefeuille. Seulement les virements vers une plateforme ou depuis une plateforme, si vous en faites.
du Marchand (la plateforme) Rien : cette salle n’utilise aucune plateforme. Plus tard, celle où vous achèterez saura que l’adresse de retrait vous appartient.
de l’Intendance (l’administration) Rien de plus qu’avant, et ce n’est pas le but. Le portefeuille ne cache rien : un achat sur une plateforme agréée relie déjà votre identité à votre adresse.

Les risques, chiffrés

Le point de comparaison reste votre carte bancaire et votre compte courant. Et votre portefeuille est vide : chacun de ces risques vous coûte aujourd’hui zéro euro. C’est voulu. On apprend les gestes quand ils ne coûtent rien.

Risque En une ligne
1. Perdre la phrase Le risque numéro un. Une phrase perdue ne se retrouve jamais.
2. Se faire voler la phrase Seulement si elle est sur un écran. Une feuille dans un tiroir ne fuit pas.
3. Installer une fausse application Faible si vous tapez vous-même l’adresse du site officiel.
4. Signer sans lire Le premier vol sur les réseaux EVM. La quête vous apprend à lire.
5. L’agression physique Réelle en France, mais elle vise des détenteurs connus de grosses sommes.
1. Perdre la phrase de récupération
  • Possible ? Oui. Si votre téléphone est perdu, cassé ou volé et que vous n’avez pas la feuille, le portefeuille est perdu pour toujours.
  • Probable ? C’est le risque numéro un quand on garde ses clés soi-même. En 2020, la société d’analyse Chainalysis estimait qu’environ 3,7 millions de bitcoins étaient perdus. Cela faisait environ un bitcoin sur cinq parmi ceux qui existaient alors. Ce chiffre est une estimation : il compte les bitcoins qui n’ont pas bougé depuis des années. Le risque baisse, car les portefeuilles récents vous font vérifier la phrase.
  • Durée : définitive. Une phrase perdue ne se retrouve pas.
  • Comparé à la banque : perdre sa carte ne fait pas perdre son compte, car un guichet vous restaure. Ici, personne ne le fait. C’est le prix exact de « personne ne peut confisquer » : les deux vont ensemble. La Salle des Coffres ramène ce risque à presque rien.
2. Se faire voler la phrase
  • Possible ? Oui, si elle est sur un écran : une photo synchronisée dans un stockage en ligne, une note, un courriel, un gestionnaire de mots de passe.
  • Probable ? Le cas est réel. En 2022, des voleurs ont copié les coffres chiffrés d’un gestionnaire de mots de passe. Ensuite, plus de 35 millions de dollars de cryptomonnaies ont été volés à plus de 150 personnes. La plupart avaient rangé leur phrase dans ce gestionnaire. Les enquêteurs ont relié ces vols à la fuite par recoupement, sans preuve formelle.
  • Durée : une phrase lue reste lue. Au moindre doute, créez un nouveau portefeuille et transférez-y les fonds.
  • Comparé à la carte : une carte volée se fait bloquer, et la banque rembourse souvent. Ici, rien ne se bloque. En revanche, une feuille dans un tiroir ne fuit dans aucune base de données.
3. Installer une fausse application
  • Possible ? Oui. De fausses applications de portefeuille apparaissent régulièrement dans les magasins d’applications et dans les publicités des moteurs de recherche. Elles volent la phrase au moment où vous la créez.
  • Probable ? Faible si vous tapez vous-même l’adresse du site officiel et vérifiez l’éditeur. Bien plus élevé si vous cliquez sur la première publicité.
  • Comparé à l’existant : c’est le cousin du faux site bancaire. La parade est la même : taper l’adresse soi-même.
4. Signer sans lire
  • Possible ? Oui, surtout sur les réseaux EVM (MetaMask, Rabby). Un site malveillant vous fait signer une « approbation ». Cette signature l’autorise à vider votre portefeuille.
  • Probable ? C’est une cause majeure de vol chez les particuliers sur ces réseaux. La société de sécurité ScamSniffer a compté 494 millions de dollars volés ainsi en 2024, puis 84 millions de dollars en 2025, sur environ 106 000 victimes. Ce sont des minimums : les vols non signalés n’y sont pas. Les portefeuilles se défendent : Rabby simule la transaction, et MetaMask signale les sites connus pour être malveillants.
  • Comparé à la carte : un paiement frauduleux par carte se conteste. Une signature, non. C’est pour cela que la quête de cette salle vous apprend à lire ce que vous signez.
5. L'agression physique
  • Possible ? Oui. La France connaît une série d’enlèvements et d’agressions de détenteurs de cryptomonnaies. Chainalysis a compté 19 affaires publiquement connues en France en 2025, puis 30 au premier semestre 2026. Le ministère de l’Intérieur en compte plus de 70 sur ce semestre, tentatives comprises.
  • Probable ? Ces affaires visaient des personnes connues pour détenir de grosses sommes. Elles avaient souvent été repérées par ce qu’elles montraient en ligne, ou grâce à des fuites de données. Pour un portefeuille vide dont personne ne connaît l’existence, la probabilité est nulle en pratique. La tendance générale est à la hausse.
  • Comparé à l’existant : c’est le risque de qui garde de l’or chez soi, pas celui de qui a un compte en banque. La parade n’a pas changé depuis des siècles, et elle est gratuite : n’en parlez pas.

Et la quête elle-même ? Signer le message de la Cafetière ne déplace aucun fonds et n’autorise personne à rien. C’est un simple texte, et rien ne sort de votre navigateur.

Oubliette : le Support Très Serviable. Une oubliette est un piège réel, où tombent les débutants. Une personne se présente comme « l’assistance » de votre portefeuille, propose de vous aider et demande votre phrase de récupération. Un vrai support ne demande jamais cette phrase : la personne qui la demande veut vos fonds.

Partageot, l’écuyer de votre compagnie, qui partage tout : « J’ai donné mes douze mots à l’assistant, il était si aimable. Depuis, c’est lui qui a mes bitcoins, et il ne répond plus. »

La quête : Une clé à vous

La quête est l’exercice de la salle. Elle a deux objectifs, indépendants l’un de l’autre. L’objectif de taverne prouve que vous avez compris. L’objectif de donjon prouve que vous avez fait le vrai geste. Vous donnez votre preuve à la Cafetière, l’encart qui vérifie vos réponses dans votre navigateur. Si la preuve est bonne, votre navigateur fabrique votre drapeau : un code GRAIN{xxxx-xxxx} qui prouve votre réussite. La Cafetière l’inscrit dans votre parchemin. Chaque objectif vous donne aussi un écusson (une récompense du jeu) et des liards (les points du jeu).

Objectif de taverne : trouver votre adresse de réception

Retrouvez l’adresse de réception de votre portefeuille. Copiez-la, puis collez-la dans l’encart de la Cafetière. Elle doit commencer par 0x, bc1, 1 ou 3. Votre navigateur vérifie seulement son format, puis fabrique votre drapeau.

Objectif de donjon : signer le message de la Cafetière

La Cafetière fabrique dans votre navigateur un message unique, qu’on appelle un défi. Il est lisible et daté, du type « Bas de Laine — je détiens cette adresse — [code aléatoire] — [date] ». Personne d’autre n’aura jamais le même.

Signez ce défi dans votre portefeuille, avec l’adresse de l’objectif de taverne. Copiez la signature, puis collez-la dans l’encart. Si elle est valide, votre navigateur en tire votre drapeau. Ses huit caractères viennent de votre signature : ils n’appartiennent qu’à vous.

La Cafetière affiche :

La Cafetière
> je ne crois pas votre adresse sur parole. je vérifie votre signature, ici, dans votre navigateur.

Comment la Cafetière vérifie, chez vous

Rien ne sort de votre navigateur : ni l’adresse, ni le défi, ni la signature.

Le détail de la vérification
  • Objectif de taverne : votre navigateur vérifie le format de l’adresse (0x…, bc1…, 1… ou 3…). Il ne vérifie pas qu’elle vous appartient : c’est le rôle de l’objectif de donjon.
  • Objectif de donjon, réseaux EVM (MetaMask, Rabby) : un bouton ouvre votre portefeuille. Il affiche le défi et vous demande de confirmer. Votre navigateur vérifie ensuite la signature. Les portefeuilles-contrats (Safe, comptes dits « intelligents ») ne fonctionnent pas. Pour les curieux : format EIP-191, outil viem.
  • Objectif de donjon, Bitcoin : vous signez le défi dans le menu de votre portefeuille, puis vous collez la signature. Votre navigateur la vérifie. Pour les curieux : formats BIP-322 et BIP-137, outil bip322-js, chargé seulement dans cette salle.
  • Ce qui est gardé : le défi, l’adresse et la signature sont rangés dans votre parchemin. Les salles suivantes s’en servent. Par exemple, quand vous retirerez des fonds d’une plateforme, la Cafetière vérifiera qu’ils arrivent bien à cette adresse.
  • Peut-on tricher ? Oui, en lisant le code du site, comme pour toutes les quêtes : c’est assumé, il n’y a rien à gagner sinon le geste. Sans lire le code, non : sans la clé, aucune signature valide n’existe.
  • Si vous collez 12 ou 24 mots à la place d’une signature, la Cafetière refuse, ne garde rien et explique pourquoi. Une phrase de récupération ne se colle nulle part, et surtout pas sur un site qui la demande. Ce réflexe vaut la moitié de la salle.

La Cafetière affiche, dans ce cas :

La Cafetière
> stop. ceci ressemble à une phrase de récupération de portefeuille.
> je ne l'ai ni lue, ni gardée, ni envoyée.
> ces mots ne se collent nulle part, pas même ici.

Les sucres

Les sucres sont trois niveaux d’aide gratuits. Un sucre donne une piste, deux donnent la méthode, trois donnent la solution. Ouvrez-les un par un. Ils ne vous retirent rien : votre journal note seulement combien vous en avez pris.

Un sucre, une piste

Vous ne cherchez pas un mot de passe, mais un menu : tout portefeuille sérieux sait « signer un message ». Sur les réseaux EVM, la page vous demande la signature. Sur Bitcoin, c’est à vous d’aller chercher le menu.

Deux sucres, la méthode
  • MetaMask ou Rabby : ouvrez cette salle dans le navigateur où l’extension est installée. Sur mobile, ouvrez-la dans le navigateur intégré à l’application MetaMask. Cliquez sur « Signer avec mon portefeuille ». Lisez le texte avant de confirmer.
  • BlueWallet : ouvrez le portefeuille, touchez les trois points en haut à droite, puis Signer/Vérifier un message.
  • Cake Wallet : allez dans Réglages → Autres → Signer/Vérifier, puis choisissez l’adresse bitcoin.
  • Trezor : dans Trezor Suite, ouvrez le menu du compte, puis Signer et vérifier. Cela ne marche pas pour les comptes Taproot (ceux dont l’adresse commence par bc1p).
  • Ledger : Ledger Live signe les messages EVM, mais pas les messages bitcoin. Pour bitcoin, branchez votre Ledger à Sparrow, puis Outils → Signer/Vérifier un message. Fermez Ledger Live avant d’ouvrir Sparrow.
Trois sucres, la solution
  • Copiez le défi exactement. Un seul espace en plus ou en moins rend la signature invalide.
  • Collez l’adresse qui a signé, pas une autre adresse du même portefeuille.
  • Si le portefeuille propose plusieurs formats, choisissez « BIP-322 ». Sinon, gardez le format par défaut.
  • L’adresse doit commencer par 0x (EVM), ou par bc1q, 1 ou 3 (Bitcoin).
  • Une adresse Taproot (bc1p) ne passe qu’en BIP-322. Les adresses multisignatures (qui demandent plusieurs clés) ne passent pas.

Le déca

Vous pouvez lire la salle sans accomplir la quête : c’est « prendre un déca ». Vous n’aurez pas l’écusson, mais le chemin continue, et vous pourrez revenir faire la quête quand vous voudrez.

Les salles qui ont besoin d’une adresse signée vous la redemanderont le jour où vous les ouvrirez.

Le verdict

Écusson forgé : Porteur de clé. Vous avez signé avec une clé que personne d’autre ne tient : ni votre banque, ni l’administration, ni ce site. Votre grand-mère avait un bas de laine, vous avez un coffre. Elle vous trouverait prétentieux.

Si vous vous arrêtez à l’objectif de taverne, l’écusson reste peint, c’est-à-dire dans sa version simple. La Cafetière ajoute une ligne : « Il vous manque la signature. Elle prend deux minutes et ne coûte rien. »

L’objectif de donjon vous fait passer au rang 3 (votre niveau dans le jeu, de 1 à 7) : Détenteur de clé.

Hilarion, le héraut (l’annonceur) du château, trompette à la main : « Oyez ! Grâce à sa propre clé, et à personne d’autre, l’aventurier sans nom devient Détenteur de clé ! Le règlement précise qu’un Détenteur de clé détient une clé. Je l’ai lu en entier pour vous l’annoncer. »

Percolozor, en voix off. Vous venez d’ouvrir l’équivalent d’un compte en vingt minutes, sans rendez-vous ni justificatif de domicile. Bilan à l’équilibre, zéro dette : en gestion, vous voilà devant l’État.

Ce que dit la loi

En bref : créer et détenir un portefeuille dont vous tenez la clé ne demande aucune autorisation, et il n’y a rien à déclarer aujourd’hui. Un projet de déclaration revient régulièrement.

La loi en détail : déclaration, projets en cours, saisie, impôt
  • Aucune autorisation à demander. Créer le portefeuille, détenir des cryptomonnaies et signer un message ne demandent aucune autorisation.
  • Rien à déclarer aujourd’hui. Le formulaire 3916-bis vise les comptes de cryptomonnaies ouverts auprès d’entreprises ou d’organismes établis à l’étranger. C’est l’article 1649 bis C du code général des impôts, rappelé par le ministère dans une réponse au Sénat du 5 décembre 2024. Un portefeuille dont vous tenez vous-même la clé n’est tenu par aucune entreprise. Il n’entre donc pas dans ce texte. Aucun texte officiel ne le dit en toutes lettres : c’est la lecture qui découle du texte actuel.
  • Les tentatives de déclaration reviennent. En avril 2026, l’Assemblée a voté une déclaration annuelle des portefeuilles personnels de plus de 5 000 €, dans le projet de loi contre les fraudes. Le 28 avril 2026, la commission mixte paritaire (des députés et des sénateurs réunis pour trouver un texte commun) l’a supprimée. Ses motifs : l’administration ne pourrait rien vérifier, et centraliser ces données posait un problème de sécurité.
  • Le sujet reste ouvert. L’idée revient à presque chaque texte fiscal. Le projet de loi de finances pour 2027 (n° 3210) est en discussion à l’Assemblée : au 26 octobre 2026, sa première partie n’était pas encore votée, et les débats reprennent le 27 octobre. Le jour où vous lisez cette salle, regardez où en est le texte avant de conclure.
  • Ce qui change vraiment : la saisie. Depuis la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 (article 90), le fisc peut saisir les crypto-actifs gardés par une plateforme et les faire vendre. Sur un portefeuille auto-dépositaire, il n’y a pas de plateforme à qui adresser cette saisie. Les dettes restent dues, et les autres moyens de recouvrement s’appliquent. C’est une différence de mécanique, pas une impunité.
  • L’impôt vient plus tard. Créer un portefeuille et y transférer vos propres fonds n’est pas imposable. C’est la cession qui est imposable : une vente contre des euros, ou le paiement d’un bien. Un paiement reçu pour un travail reste, lui, un revenu. Les chiffres sont au Greffe (La loi en chiffres).

Pour aller plus loin

Dans l’Aile du Trésor

Dans les autres ailes

Sources

Vérifiées en octobre 2026.

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