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Bas de Laine

L'Aile du Trésor · sous-sol

Le Passage Blindé · Zcash blindé

Un second sas, plus récent, aux volets de fer. Moins de brume, plus de confort, presque autant d'oubli.

Salle en travaux : son texte est là, sa quête ouvrira plus tard.

Quête : Les volets de fer

  • Objectif de taverne : Sur l'explorateur, distinguez à l'œil une transaction transparente d'une transaction blindée.
  • Objectif de donjon : Collez le txid d'une transaction blindée de bout en bout, faite après votre entrée dans la salle.

Effort : 3 sur 5. Liberté gagnée : 12 sur 15. Classement : Chantier.

La boussole de la salle
CaractéristiqueGain (0 à 3)
Garde3
Juridiction3
Monnaie2
Discrétion3
Confort2
Prudence1
CaméraDiscrétion gagnée (0 à 3)
la caméra du Badaud3
la caméra du Changeur3
la caméra du Marchand3
la caméra de l'Intendance2

L’essentiel en cinq lignes

  1. Où vous êtes : au sous-sol de l’Aile du Trésor (la partie du site sur la monnaie), dans la salle sur Zcash.
  2. Ce que vous apprenez : Zcash est une monnaie qui peut chiffrer l’expéditeur, le destinataire et le montant d’un paiement.
  3. Ce que vous faites : vous obtenez des ZEC (l’unité de Zcash) dans l’application Zodl, puis vous faites un paiement entièrement chiffré.
  4. Ce qu’il vous faut : un téléphone, et votre portefeuille de la Chambrée (la salle du premier portefeuille) avec un peu de crypto. Effort : 3 sur 5. Durée : moins d’une heure.
  5. Ce que vous y gagnez : des paiements que seuls vous et votre destinataire pouvez lire.

Pourquoi cette salle

Sur Bitcoin, une adresse est une vitrine. Qui la connaît voit ce qui y entre, ce qui en sort et ce qui reste. Cette salle répond à une question : peut-on payer sans vitrine, avec une monnaie que personne ne contrôle ?

Zcash fonctionne de deux façons, sur la même chaîne de blocs (le registre public de la monnaie) :

  • transparente, comme Bitcoin : adresses et montants visibles par tous ;
  • blindée : l’expéditeur, le destinataire, le montant et le message sont chiffrés. Le registre note seulement qu’un paiement valide a eu lieu.

À la fin, vous saurez lire les deux sur un explorateur (un site public qui affiche le registre), obtenir des ZEC sans plateforme, et payer en blindé.

Par rapport au Sas des Brumes, la salle sur Monero (une autre monnaie discrète), Zcash est plus confortable sur téléphone. Mais sa discrétion dépend davantage de vos habitudes.

Percolozor, l’auteur du site, en voix off. J’ai blindé ma cafetière. Les voisins l’entendent toujours siffler, mais plus personne ne sait combien de tasses je bois.

L’histoire

Octobre 2016. Six personnes, dans six endroits différents, fabriquent ensemble une clé qu’aucune d’elles ne doit jamais connaître en entier.

Voici le problème. Pour vérifier un paiement blindé sans le lire, Zcash utilise une preuve : un calcul qui montre que le paiement est valide sans montrer son contenu. Au démarrage, ce système a besoin de réglages de départ, fabriqués à partir d’un secret. Qui garderait ce secret pourrait créer de la fausse monnaie blindée, sans que personne ne le voie.

La solution retenue est une cérémonie. Chaque participant génère sa part du secret sur un ordinateur isolé, contribue au calcul, puis détruit sa part. Il suffit qu’un seul des six l’ait vraiment détruite pour que le secret complet n’existe plus nulle part.

Le 28 octobre 2016, la chaîne démarre. En 2022, on apprend que l’un des participants, inscrit sous un nom d’emprunt, était Edward Snowden, le lanceur d’alerte.

Le 1er mars 2018, un cryptographe de l’équipe découvre une faille dans ce premier système de preuve : elle aurait permis de fabriquer de la monnaie blindée à partir de rien. L’équipe la corrige en silence, par la mise à jour Sapling, activée le 28 octobre 2018. Elle ne la rend publique que le 5 février 2019. Selon elle, rien n’indique que la faille ait servi, et le total de chaque réserve blindée reste vérifiable par tous. Une réserve blindée est l’ensemble des ZEC blindés d’une même génération de Zcash.

En 2019, un chercheur de la même équipe trouve une méthode de preuve, Halo, qui n’a plus besoin de cérémonie du tout. Elle entre dans Zcash en 2022, avec une nouvelle réserve blindée appelée Orchard. C’est celle qu’utilise Zodl.

En janvier 2026, toute l’équipe historique quitte la société qui l’employait, après un conflit interne, et fonde une nouvelle structure. En février, son portefeuille Zashi devient Zodl. Personne n’a eu à changer sa phrase de récupération : les clés n’ont jamais appartenu à l’équipe.

La leçon n’est pas « Zcash est parfait ». Une monnaie dont on peut lire le code, vérifier les totaux et changer de logiciel sans permission survit à ses fondateurs, à ses failles et à ses querelles.

Maître Anastase Fiole, l’alchimiste : « Une preuve qui montre qu’un paiement est juste, sans rien montrer d’autre, est la base de Zcash. Dans mon grimoire, on écrit zk-SNARK, ce qui ne montre rien non plus. »

La recette

La recette a trois étapes : comprendre les adresses, obtenir des ZEC, puis faire votre premier paiement blindé.

Étape 1 : reconnaissez les trois familles d’adresses

Une adresse Zcash se reconnaît à ses premiers caractères.

Début de l’adresse Nom Ce que voit un curieux
t1… ou t3… transparente tout : adresses, montants, historique, comme Bitcoin
zs… blindée Sapling (ancienne génération) rien, sauf les frais
u1… adresse unifiée cela dépend du portefeuille qui paie

L’adresse unifiée u1… regroupe plusieurs adresses en une seule : une Orchard, une Sapling, parfois une transparente. Le portefeuille qui paie doit choisir la plus discrète qu’il sait utiliser : Orchard, puis Sapling, puis transparente. Vous donnez une seule adresse, et le logiciel fait le bon choix.

Un paiement est blindé de bout en bout quand l’argent part d’une réserve blindée et arrive dans une réserve blindée. Le passage d’une adresse transparente vers le blindage s’appelle « blinder ». Le passage inverse s’appelle « déblinder ». Ces deux passages sont visibles : le montant qui franchit la frontière est public. Ce sont les coutures du blindage.

Étape 2 : obtenez des ZEC avec l’échange intégré de Zodl

Vous partez du portefeuille de la Chambrée, avec un peu de bitcoin ou de stablecoin (une crypto qui suit le dollar ou l’euro, comme l’USDC).

  1. Installez Zodl depuis l’App Store, Google Play ou F-Droid. Vérifiez que l’éditeur est celui indiqué sur le site officiel, zodl.com. Les fausses applications de portefeuille ressemblent toujours à la vraie.
  2. Créez un nouveau portefeuille. Zodl affiche une phrase de récupération de 24 mots et une date de naissance du portefeuille. Cette date est un numéro de bloc (les blocs sont les pages successives du registre). Elle accélère la restauration.
  3. Notez les deux sur papier. Rien sur un écran : ni photo, ni capture.
  4. Laissez le portefeuille se synchroniser. Comme tout est chiffré, Zodl doit essayer chaque transaction avec votre clé pour trouver les vôtres. Cela prend du temps et de la batterie, une seule fois.
  5. Ouvrez l’onglet Échange (Swap). Choisissez l’actif de départ et le montant. Vérifiez le réseau : un même jeton circule sur plusieurs chaînes de blocs. De l’USDC envoyé sur Arbitrum n’arrive pas sur Base.
  6. Saisissez une adresse de remboursement de votre portefeuille d’origine. Si l’échange échoue, les fonds y reviennent.
  7. Lisez le devis, puis confirmez. Zodl affiche une adresse de dépôt et un QR code.
  8. Depuis votre portefeuille d’origine, envoyez le montant exact, sur le bon réseau. Puis touchez « J’ai envoyé les fonds ».
  9. Attendez quelques minutes. Les ZEC arrivent dans Zodl, sur une adresse blindée neuve.

L’échange passe par NEAR Intents : des professionnels de l’échange (les teneurs de marché) se disputent votre ordre. Puis un programme sur la chaîne de blocs exécute l’échange. Zodl ne demande ni compte ni pièce d’identité.

Vous détenez maintenant une monnaie blindée. Pour les services qui surveillent le blanchiment dans les banques, vous êtes donc un « profil à risque élevé » : pensez au chapeau mou et aux lunettes noires. Dans la réalité, vous avez échangé une crypto contre une autre, depuis votre canapé.

Étape 3 : faites votre premier paiement blindé

Le plus simple est de vous payer vous-même.

  1. Dans Zodl, touchez Recevoir, puis copiez votre adresse unifiée (u1…).
  2. Touchez Envoyer et collez cette adresse.
  3. Choisissez une petite somme. Ajoutez un mémo chiffré si vous voulez (« Premier essai »). Validez.
  4. Ouvrez le détail du paiement dans l’activité. Vous y trouvez son identifiant, le txid : une suite de 64 caractères qui désigne ce paiement sur le registre.

Ce paiement va de votre réserve blindée à votre réserve blindée. C’est lui qui sert à la quête, pas l’arrivée de votre échange.

Ensuite, un paiement Zcash est aussi simple qu’un virement, et plus court : pas d’IBAN, pas de plafond, pas de jour férié.

Les variantes : acheter sur une plateforme, signer avec un portefeuille matériel, les trois coutures
Variante Effort en plus Ce que vous gagnez Ce que vous risquez
Acheter des ZEC sur une plateforme, puis blinder aucun, ou moins un achat direct en euros la plateforme connaît l’achat, l’adresse de retrait et le montant blindé
Zodl avec un portefeuille matériel Keystone 1 les clés ne touchent jamais le téléphone un appareil de plus à acheter et à ranger
  • Acheter sur une plateforme. Vérifiez d’abord que votre plateforme propose le ZEC : l’offre change d’une plateforme à l’autre. Beaucoup n’envoient que vers une adresse transparente. Zodl vous en fournit une, puis vous propose de blinder le solde transparent d’un geste. Faites-le.
  • Le Keystone. Zodl sait piloter ce portefeuille matériel (un petit boîtier qui garde la clé hors du téléphone). Vous consultez votre solde dans l’application, mais chaque envoi est signé sur l’appareil. La Salle des Coffres explique le principe.
  • Les trois coutures à éviter :
    1. Entrer et sortir avec le même montant. Blinder 1,2345 ZEC le lundi et déblinder 1,2345 ZEC le mardi relie les deux bouts. Laissez passer du temps, et ne sortez pas la même somme.
    2. Faire des allers-retours transparents. Chaque passage par une adresse t1… remet l’argent en vitrine. Restez dans le blindage quand vous le pouvez.
    3. Donner une adresse transparente. Donnez votre u1… : le portefeuille de l’autre choisira l’adresse blindée s’il la connaît.

La boussole

La boussole est le profil de la salle sur six axes, notés de 0 à 3. Par rapport au village (votre banque et votre carte), cette salle vous donne une monnaie que vous seul tenez, et des paiements que personne ne lit.

Axe Pourquoi
Garde Vous seul détenez les clés. Ni Zodl ni personne ne peut geler vos ZEC sans elles.
Juridiction Une fois les fonds dans Zodl, aucun intermédiaire régulé ne se tient entre vous et votre argent.
Monnaie Une monnaie à offre plafonnée (21 millions de ZEC), sans banque centrale. Mais sa valeur en euros varie fortement.
Discrétion L’expéditeur, le destinataire, le montant et le mémo sont chiffrés dans un paiement blindé.
Confort Une application soignée, avec un échange intégré. Moins de commerçants, et moins de plateformes qui l’échangent contre des euros, que pour Bitcoin.
Prudence (un risque existant réduit) Le risque de gel par un intermédiaire disparaît. Les nouveaux risques sont les fortes variations de prix et le retrait du ZEC des plateformes européennes.

Les quatre caméras

Caméra Ce qu’elle voit, comparé au village
du Badaud (le curieux, le voleur) Rien de vos paiements blindés, même s’il connaît votre adresse : ni solde, ni historique. Une adresse Bitcoin, elle, affiche tout.
du Changeur (la banque) Au plus, le virement de l’achat d’origine vers une plateforme. Ensuite, plus rien.
du Marchand (la plateforme) Ce que vous lui achetez et l’adresse de retrait. Une fois les fonds blindés, elle perd la trace. Avec l’échange intégré, aucune plateforme n’intervient côté Zcash.
de l’Intendance (l’administration) Par DAC8 (la règle européenne d’échange de données fiscales), ce que les plateformes savent de vous : les entrées et les sorties en euros. Le milieu lui échappe, les coutures restent.

Le blindage cache vos paiements aux autres, pas à vous. Une clé de visualisation laisse un tiers choisi lire vos mouvements, sans pouvoir les dépenser : vous décidez qui regarde.

Le sergent Firmin, le garde des caméras : « La caméra du Badaud voit passer un paiement blindé, chef, et rien dedans : ni qui, ni combien. Je regarde quand même, c’est payé pareil. »

Les risques, chiffrés

Huit risques, mesurés face à votre carte et à votre compte courant. Celui qui compte le plus est la perte des 24 mots.

Risque En une ligne
1. Perdre les 24 mots Le risque numéro un. Une phrase perdue ne se retrouve jamais.
2. La valeur en euros baisse Fréquent, et parfois de plusieurs dizaines de pour cent.
3. Les plateformes européennes retirent le ZEC Probable à partir du 10 juillet 2027. La détention n’est pas visée.
4. Une plateforme refuse des fonds Possible, sans chiffre fiable. Coûte du temps, rarement de l’argent.
5. Rater son échange Faible si vous relisez le réseau.
6. Une faille dans le protocole Déjà arrivé une fois, en 2018, sans dommage connu. Faible aujourd’hui.
7. La puissance de minage concentrée Au pire, un retard. Pas de perte pour un petit utilisateur.
8. Le fisc Le blindage ne change rien à l’impôt. C’est vous qui gardez les preuves.
1. Perdre les 24 mots
  • Possible ? Oui, si le téléphone disparaît et que la feuille n’existe pas.
  • Probable ? C’est la première cause de perte quand on garde ses clés soi-même. En 2020, la société d’analyse Chainalysis estimait à 3,75 millions le nombre de bitcoins perdus. Ce chiffre concerne Bitcoin ; aucun chiffre fiable n’existe pour Zcash.
  • Coût : la totalité des fonds, sans recours.
  • Tendance : stable.
  • Durée : définitive. Mais le risque se neutralise une fois pour toutes en vous entraînant à restaurer (Salle des Coffres).
  • Comparé au village : une carte perdue se remplace en une semaine, car un guichet vous restaure. Ici, personne ne le fait.
2. La valeur en euros baisse
  • Possible ? Oui, fortement et rapidement, comme pour toute crypto qui n’est pas un stablecoin.
  • Probable ? Le ZEC a souvent varié de plusieurs dizaines de pour cent en quelques semaines. Cette salle ne vous conseille aucun achat : mettez-y ce que vous acceptez de voir varier.
  • Coût : proportionnel à la somme.
  • Tendance : imprévisible.
  • Durée : aussi longtemps que vous détenez des ZEC.
  • Comparé au village : l’euro d’un compte courant perd aussi du pouvoir d’achat, mais lentement. La Banque centrale européenne vise 2 % d’inflation par an.
3. Les plateformes européennes retirent le ZEC
  • Possible ? Oui, un texte le prévoit déjà.
  • Probable ? Probable pour les prestataires européens. À partir du 10 juillet 2027, l’article 79 de l’AMLR (le règlement européen contre le blanchiment) leur interdit les comptes qui opacifient les transactions, « y compris par des jetons à anonymat renforcé ». Le texte ne nomme aucune monnaie : il ne dit pas si le ZEC, dont le blindage est facultatif, est visé en entier. En 2018, plusieurs plateformes japonaises avaient déjà retiré Zcash et d’autres monnaies discrètes.
  • Coût : pour acheter ou revendre, il faudra passer par l’échange intégré, le pair à pair ou une plateforme hors de l’Union européenne.
  • Tendance : en hausse.
  • Durée : durable. La détention, elle, n’est pas visée.
  • Comparé au village : c’est comme une devise étrangère que votre banque cesserait de changer. Vous la gardez, mais vous la changez ailleurs.
4. Une plateforme refuse des fonds venus du blindage
  • Possible ? Oui. Une plateforme peut demander l’origine des fonds, ou les refuser, au titre de ses contrôles.
  • Probable ? Aucun chiffre fiable. Le cas typique : déblinder, puis envoyer vers une plateforme.
  • Coût : du temps, des justificatifs, ou un renvoi des fonds.
  • Tendance : en hausse, avec l’AMLR.
  • Durée : le temps de fournir vos justificatifs. Tenez votre propre journal (dates, montants, origine), et montrez vos comptes par clé de visualisation si vous le jugez utile.
  • Comparé au village : c’est une banque qui bloque un virement entrant inhabituel et vous appelle.
5. Rater son échange
  • Possible ? Oui : mauvais réseau, mauvais jeton, montant insuffisant.
  • Probable ? Faible si vous relisez deux fois le réseau. Si vous envoyez moins que demandé, complétez, sinon le dépôt est remboursé à l’expiration du devis.
  • Coût : au pire, le montant envoyé. Pour un mauvais actif ou un mauvais réseau, NEAR peut en général rembourser à partir de 300 dollars de valeur. En dessous, comptez la somme comme perdue.
  • Tendance : stable.
  • Durée : immédiate. Commencez par un petit échange.
  • Comparé au village : un virement vers un mauvais IBAN, en moins rattrapable.
6. Une faille dans le protocole
  • Possible ? Oui : c’est arrivé en 2018, avec la faille de fausse monnaie de l’ancien système.
  • Probable ? Faible. La faille a été corrigée avant d’être connue, et rien n’indique qu’elle ait servi. Le total de chaque réserve blindée reste public : une création massive de fausse monnaie se verrait. La réserve Orchard n’a plus besoin de cérémonie.
  • Coût : une baisse générale de la valeur du ZEC, pas un vol ciblé de vos fonds.
  • Tendance : en baisse (protocole plus mûr, preuves sans cérémonie).
  • Durée : le temps d’une correction.
  • Comparé au village : une faille dans le système de paiement d’une banque. La différence : ici, le code et les totaux sont publics.
7. La puissance de minage concentrée
  • Possible ? Oui. Les mineurs sont les ordinateurs qui ajoutent les blocs au registre. En septembre 2023, un seul groupe de mineurs (ViaBTC) a contrôlé environ 54 % de leur puissance de calcul. La plateforme Coinbase avait alors limité les ordres sur le ZEC et allongé le délai de ses dépôts.
  • Probable ? Pour un petit utilisateur, le risque concret est un retard ou un refus d’inclure un paiement, pas une perte.
  • Coût : faible à votre échelle.
  • Tendance : variable, selon les groupes de mineurs.
  • Durée : tant que la concentration dure.
  • Comparé au village : une panne du réseau de cartes un samedi après-midi.
8. Le fisc
  • Possible ? Oui, comme pour toute crypto.
  • Probable ? Le blindage ne change rien à l’obligation. Il change seulement qui détient la preuve : c’est vous. Tenez un journal de vos prix d’achat.
  • Coût : 31,4 % de la plus-value, lors d’une revente contre des euros ou d’un achat de bien (voir la loi, plus bas).
  • Tendance : en hausse (DAC8, et deux amendements au budget 2027, non définitifs).
  • Durée : l’administration peut revenir sur 3 ans, ou 10 ans si un compte sur une plateforme étrangère n’a pas été déclaré.
  • Comparé au village : les mêmes règles que pour une vente d’actions. Seule la tenue des preuves change de mains.

Oubliette : l’oubliette du Blindage à Moitié. Une oubliette est un piège réel, où tombent les débutants. Vous envoyez depuis une adresse transparente vers une adresse blindée, et vous croyez le paiement caché : il ne l’est pas, car le départ et le montant restent visibles. Blindez d’abord votre solde dans Zodl, puis payez depuis la réserve blindée.

Basile, le gardien des oubliettes : « Rien n’est perdu : vos ZEC sont toujours à vous, seul ce trajet-là est visible. Les murs d’ici sont blindés aussi, mais l’échelle est en bois, et elle tient. »

La quête : Les volets de fer

La quête est l’exercice de la salle. Elle a deux objectifs, indépendants l’un de l’autre. L’objectif de taverne prouve que vous avez compris. L’objectif de donjon prouve que vous avez fait le vrai geste. Vous donnez votre preuve à la Cafetière, l’encart qui vérifie vos réponses dans votre navigateur. Si la preuve est bonne, votre navigateur fabrique votre drapeau : un code GRAIN{xxxx-xxxx} qui prouve votre réussite. La Cafetière l’inscrit dans votre parchemin. Chaque objectif vous donne aussi un écusson (une récompense du jeu) et des liards (les points du jeu).

Le parchemin est votre fichier de progression chiffré.

Objectif de taverne : distinguez une transaction transparente d’une transaction blindée

La salle vous montre deux transactions Zcash réelles, avec un lien vers l’explorateur pour chacune. Ouvrez-les. Puis choisissez, dans l’encart de la Cafetière, celle qui montre des adresses t1… et des montants : c’est la transparente. L’autre n’affiche ni adresse ni montant : c’est la blindée.

Objectif de donjon : faites un paiement blindé de bout en bout

Faites un paiement de votre réserve blindée vers une adresse blindée (la vôtre convient), après votre entrée dans la salle. Attendez qu’il soit inclus dans un bloc, environ 75 secondes. Puis collez son txid dans l’encart de la Cafetière.

Comment la Cafetière vérifie, chez vous

Seul le txid sort de votre navigateur, vers l’explorateur public Blockchair. Le site, lui, ne voit rien.

Le détail de la vérification
  • Objectif de taverne : votre choix est comparé dans votre navigateur à la bonne réponse. Rien ne sort.
  • Objectif de donjon :
    1. La Cafetière vous prévient : « Votre navigateur va interroger l’explorateur Blockchair. Il verra votre adresse IP (l’adresse de votre connexion) et ce txid. Le site ne verra rien. » Vous pouvez annuler, ou relancer depuis Tor Browser, un navigateur qui masque votre adresse IP.
    2. Votre navigateur demande la transaction à Blockchair.
    3. Il vérifie trois choses : la transaction existe et n’est pas une récompense de minage ; elle n’a aucune entrée et aucune sortie transparente ; son bloc est daté après votre entrée dans la salle, notée dans votre parchemin.
    4. Si tout concorde, votre navigateur fabrique le drapeau à partir de votre txid. La Cafetière l’inscrit dans votre parchemin.
    5. Le lien direct vers la transaction reste affiché. Ouvrez-le : vous verrez un paiement qui existe, dans un bloc, et qui ne dit rien d’autre.
  • Bon à savoir : l’explorateur ne lit pas le contenu des transactions Orchard. Il peut donc afficher des frais à zéro (constaté le 26 octobre 2026). Le paiement n’était pas gratuit : l’explorateur ne sait pas lire ses frais.
  • Peut-on tricher ? Oui, pour la propriété, et c’est assumé. Le site ne vérifie pas que le paiement est le vôtre : il faudrait que vous dévoiliez une clé, le contraire de la leçon. Vous pourriez coller le txid d’un inconnu. Vous n’y gagneriez rien, sinon un écusson que vous sauriez immérité.

Les sucres

Les sucres sont trois niveaux d’aide gratuits. Un sucre donne une piste, deux donnent la méthode, trois donnent la solution. Ouvrez-les un par un. Ils ne vous retirent rien : votre journal note seulement combien vous en avez pris.

Un sucre, une piste

Sur l’explorateur, une transaction transparente ressemble à un relevé : des lignes, des adresses, des montants. Une transaction blindée ressemble à une enveloppe fermée.

Deux sucres, la méthode

La Cafetière refuse votre txid ? La transaction avait au moins une entrée ou une sortie transparente. Faites un nouveau paiement depuis Zodl, vers une adresse u1…, une fois vos fonds blindés.

Trois sucres, la solution

S’il reste un solde transparent dans Zodl, blindez-le d’abord. Puis : Recevoir, copiez votre adresse unifiée. Envoyer, collez cette adresse, une petite somme, validez. Ouvrez le paiement dans l’activité et copiez son txid. Attendez qu’il soit dans un bloc, puis collez-le dans l’encart de la Cafetière.

Le déca

Vous pouvez lire la salle sans accomplir la quête : c’est « prendre un déca ». Vous n’aurez pas l’écusson, mais le chemin continue, et vous pourrez revenir faire la quête quand vous voudrez. Revenez le jour où vous aurez quelques ZEC à faire circuler.

Le verdict

Écusson forgé : Blindé. Forgé veut dire complet : c’est la version gagnée à l’objectif de donjon. Votre paiement est chiffré de bout en bout. Le formulaire Cerfa, lui, reste en clair : on ne peut pas tout avoir.

Vous venez de faire un paiement que seuls vous et votre destinataire pouvez lire, sans demander de permission à personne. Bercy publie ses comptes en clair chaque année, et personne n’arrive à les lire non plus : il y a deux façons d’être illisible, la cryptographie et la comptabilité publique.

Ce que dit la loi

En bref : aucun texte n’interdit à un particulier de détenir ou d’utiliser Zcash, en mode transparent comme blindé. Ce qui change en 2027 vise les prestataires, pas vous, et l’impôt s’applique comme pour toute crypto.

La loi en détail : AMLR, impôt, comptes à l'étranger, projets en cours
  • AMLR, article 79 (le règlement européen contre le blanchiment, n° 2024/1624, applicable le 10 juillet 2027) : il vise les banques, les établissements financiers et les prestataires crypto. Ils ne pourront plus tenir de comptes anonymes, ni de comptes qui opacifient les transactions, « y compris par des jetons à anonymat renforcé ». Le particulier qui garde ses clés n’est pas visé.
  • L’impôt (article 150 VH bis du code général des impôts) : un échange crypto contre crypto, sans euros reçus, est en sursis d’imposition (pas d’impôt à ce stade). Une vente contre des euros, ou l’achat d’un bien, est imposable à 31,4 % sur la plus-value. Le calcul porte sur tout le portefeuille du foyer. Vous êtes exonéré si vos ventes de l’année ne dépassent pas 305 € au total. Le blindage ne dispense de rien.
  • Les comptes à l’étranger : un compte sur une plateforme étrangère se déclare sur le formulaire 3916-bis. L’oubli coûte 750 € par compte, ou 1 500 € si la valeur dépasse 50 000 €. Le portefeuille Zodl, que vous tenez vous-même, n’est pas un compte et n’est pas visé aujourd’hui.
  • Les projets en cours, au budget 2027 (rien de définitif) : le 16 octobre 2026, l’Assemblée a adopté en première lecture un amendement qui rendrait imposable la conversion d’une crypto en stablecoin (USDC, EURC). Revendre du ZEC contre de l’USDC ne serait alors plus en sursis ; acheter du ZEC avec de l’USDC n’est pas visé. Le 9 octobre 2026, la commission des finances a aussi adopté un amendement qui ferait déclarer les portefeuilles auto-hébergés de plus de 100 000 €. Le suivi de ces textes est au Greffe.

Pour aller plus loin

Dans l’Aile du Trésor

Dans la Tour aux Volets

Sources

Vérifiées en octobre 2026.

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