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Bas de Laine

L'Aile du Trésor · 1er étage, sur les remparts (réception)

La Poterne des Honneurs · Échanger, revendre, sortir

La sortie vers le village, déclaration remplie, la tête haute. Une porte à deux serrures.

Salle en travaux : son texte est là, sa quête ouvrira plus tard.

Quête : Ressortir avec les honneurs

  • Objectif de taverne : Remplissez la déclaration simulée de Paul (formulaires 2086 et 3916-bis).
  • Objectif de donjon : Collez le txid d'une transaction qui dépense depuis votre adresse signée, faite après votre entrée dans la salle.

Effort : 3 sur 5. Liberté gagnée : 5 sur 15. Classement : Spécialité.

La boussole de la salle
CaractéristiqueGain (0 à 3)
Garde1
Juridiction1
Monnaie1
Discrétion0
Confort2
Prudence2
CaméraDiscrétion gagnée (0 à 3)
la caméra du Badaud0
la caméra du Changeur0
la caméra du Marchand0
la caméra de l'Intendance0

L’essentiel en cinq lignes

  1. Où vous êtes : à la Poterne des Honneurs, la sortie du site vers votre banque.
  2. Ce que vous apprenez : échanger une crypto contre une autre, la revendre contre des euros, puis déclarer la vente.
  3. Ce que vous faites : vous faites partir des fonds de l’adresse signée à la Chambrée (votre premier portefeuille), et vous remplissez la déclaration d’un cas fictif.
  4. Ce qu’il vous faut : votre portefeuille et quelques euros de crypto. Effort : 3 sur 5. Durée : dix minutes, plus une soirée par an.
  5. Ce que vous y gagnez : revenir à l’euro quand vous le décidez, dossier prêt.

Pourquoi cette salle

Entrer, tout le monde vous l’explique. Sortir, presque personne. Pourtant, un système dont on ne peut pas sortir n’est pas un outil : c’est une nasse, un piège où l’on entre sans pouvoir ressortir.

Cette salle vous apprend à revenir à l’euro sans mauvaise surprise. Trois gestes, que l’impôt traite très différemment :

  • échanger une crypto contre une autre, sans recevoir d’euros : l’impôt attend, on dit que l’échange est « en sursis » ;
  • revendre contre des euros, ou payer un bien avec une crypto : pour l’impôt, c’est une vente (une « cession »), imposable ;
  • sortir : virer ces euros vers votre compte bancaire, à votre nom, avec un dossier complet.

À la fin, vous saurez ce qui déclenche l’impôt avant d’appuyer sur le bouton, et remplir deux formulaires : la 2086, qui calcule le gain de vos ventes, et la 3916-bis, qui déclare vos comptes à l’étranger.

Percolozor, l’auteur du site, en voix off. Je vous ai montré toutes les entrées avant la sortie. C’est une méthode commerciale que je n’assume qu’à moitié.

L’histoire

Cas fictif, construit sur des règles réelles.

Novembre 2026. La chaudière de Paul rend l’âme un mardi soir. Le chauffagiste veut un acompte de 1 000 € avant de commander la pièce. Paul n’a pas cette somme sur son compte courant. Il l’a ailleurs : dans son portefeuille, dont il tient seul la clé.

Vous avez croisé Paul au Greffe, la salle des lois en chiffres. Cette fois, il n’a pas de carte de paiement crypto et n’a rien vendu d’autre dans l’année. En janvier, il a acheté pour 1 000 € de bitcoin chez un prestataire agréé (une plateforme autorisée à vendre des cryptos), établi en France. En mars, pour 1 000 € d’ether. En juillet, il a échangé tout son ether contre des USDC, des jetons qui valent un dollar. Il n’a reçu aucun euro : l’échange est en sursis. En novembre, l’ensemble vaut 5 000 €.

Paul craint deux choses : que sa banque s’inquiète, et l’impôt. Il ne sait pas comment on sort, alors il a attendu. La chaudière, elle, n’a pas attendu.

Ce soir-là, Paul ouvre un compte chez un prestataire agréé établi en Irlande. Il y envoie l’équivalent de 1 000 € en USDC, après un envoi test de 5 USDC. Il vend contre des euros, puis vire les euros vers son compte bancaire, à son nom.

Il complète ensuite son journal, une simple feuille de calcul : la date, le montant vendu, l’identifiant de la transaction, et la valeur de tout son portefeuille à cet instant. Ses prix d’achat y sont déjà.

Au printemps, il remplit la 2086. Plus-value (le gain imposable) : 600 €. Impôt : 188,40 €. Aucune lettre recommandée, aucun rendez-vous.

Comparez avec avril 1933, aux États-Unis. Un décret ordonne aux particuliers de remettre leur or à la Réserve fédérale (la banque centrale américaine) avant le 1er mai, à 20,67 $ l’once (31 grammes). En janvier 1934, l’État réévalue l’or à 35 $ l’once et garde la différence. Ces gens-là n’ont choisi ni le moment, ni le prix, ni la porte. Paul a choisi les trois.

Maître Brodolf, le nain guichetier de l’Intendance (l’administration) : « Un échange entre deux cryptos ne se déclare pas comme une vente. La vente contre des euros se déclare sur la 2086, et ce formulaire vous attend avec une patience que je lui envie. »

La recette

La recette compte sept étapes. À la fin, vos euros sont sur votre compte bancaire et votre dossier de déclaration est complet.

Étape 1 : repérez ce qui déclenche l’impôt

Le tableau vaut pour un particulier en France, en octobre 2026.

Opération Ce que dit l’impôt Ce qu’il faut garder
Une crypto contre une autre, sans recevoir d’euros Sursis : rien à payer le relevé de l’échange
Crypto contre euros Vente imposable le relevé de vente, et la valeur de tout votre portefeuille à cet instant
Paiement d’un bien avec une crypto, y compris par carte crypto Vente imposable la même chose
Envoi vers votre compte sur une plateforme Rien : vous restez propriétaire l’identifiant de la transaction
Virement des euros vers votre banque Rien : l’impôt est né à la vente le relevé du virement

Retenez une règle : l’impôt naît quand la crypto devient autre chose qu’une crypto. Le virement vers votre banque n’est qu’un déménagement.

Étape 2 : ouvrez votre journal

Un journal est le tableau personnel de vos opérations. Il rend la déclaration simple. Une feuille de calcul suffit.

  1. Créez une ligne par opération : achat, échange, envoi, vente, paiement.
  2. Notez la date, l’actif, le montant, sa valeur en euros, et l’identifiant de la transaction (le txid : son numéro unique sur la chaîne de blocs).
  3. Reportez le prix d’achat d’origine de chaque achat, avec sa facture.
  4. Gardez le journal hors ligne, avec une copie.

Étape 3 : vérifiez votre prestataire

Un prestataire agréé est une plateforme autorisée par le règlement européen MiCA (le texte qui encadre les crypto-actifs). Si vous êtes passé par le Grand Salon des Changeurs, la salle où l’on achète chez un prestataire agréé, vous en avez déjà un.

  1. Cherchez-le sur la liste blanche de l’AMF (protectepargne.amf-france.org). L’AMF est le gendarme de la Bourse ; sa liste blanche recense les acteurs autorisés. Depuis le 1er juillet 2026, seuls les prestataires agréés MiCA servent des clients en France.
  2. Notez où il est établi. Kraken, par exemple, est établi en Irlande. Ce lieu décide de la 3916-bis (étape 7).

Étape 4 : envoyez vos fonds vers la plateforme

  1. Dans la rubrique « Déposer », choisissez le bon actif et le bon réseau. Des USDC envoyés sur Polygon vers une adresse prévue pour Ethereum peuvent être perdus.
  2. Copiez l’adresse de dépôt dans votre portefeuille. Comparez ses quatre premiers et quatre derniers caractères avec ceux qu’affiche la plateforme.
  3. Envoyez d’abord un petit montant de test. Partez de préférence de l’adresse signée à la Chambrée, la salle du premier portefeuille. C’est l’adresse dont vous avez prouvé la possession par une signature, et c’est elle que la quête vérifie.
  4. Attendez que le test arrive sur la plateforme, puis envoyez le reste.

Étape 5 : vendez, puis notez la valeur de tout votre portefeuille

  1. Comparez les frais avant de vendre. Chez Kraken, en octobre 2026 : 1 % à 1,5 % en mode simple, plus un écart inclus dans le prix (la différence entre le prix d’achat et le prix de vente affichés). Sur le carnet d’ordres (le mode « pro »), de 0 % à 0,80 %, selon votre volume.
  2. Vendez.
  3. Notez aussitôt la valeur totale de toutes vos cryptos, sur les plateformes comme dans vos portefeuilles personnels. La formule de l’impôt exige ce chiffre, et presque tout le monde l’oublie.
  4. Faites une capture datée de chaque solde, et reportez la valeur dans votre journal.

Étape 6 : retirez les euros vers un compte à votre nom

  1. Demandez un virement SEPA (un virement européen ordinaire) vers un compte bancaire à votre nom. Kraken, par exemple, exige que le compte bancaire porte le même nom que le compte Kraken.
  2. Comptez de quelques secondes (virement instantané) à deux jours ouvrés.
  3. Gardez le relevé du virement.

Étape 7 : rangez le dossier et déclarez au printemps

  1. Rangez ensemble : le journal, les factures d’achat, les relevés de vente et de virement, les captures, et l’export de l’historique de la plateforme.
  2. Gardez les pièces d’une vente jusqu’à fin 2029 pour une vente de 2026. Gardez les factures d’achat tant que vous détenez des crypto-actifs : chaque vente future s’en sert.
  3. Au printemps suivant, dans la déclaration de revenus en ligne, remplissez l’annexe 2086 à l’étape « Déclarations annexes ». Elle reporte la plus-value en case 3AN, la moins-value en case 3BN.
  4. Dans la même déclaration, remplissez une 3916-bis pour chaque compte ouvert, utilisé ou clos dans l’année chez un prestataire établi hors de France.

Voilà, c’est fait. Le maximaliste qui sommeille en vous (celui qui ne vend jamais un bitcoin) hurle à la trahison : vous avez vendu du bitcoin pour une chaudière. Laissez-le hurler. Il n’a jamais eu froid en novembre : il vit dans un forum.

Les variantes : échanger sans sortir, pair à pair, carte, espèces

Échanger sans déclencher l’impôt. Pour passer du bitcoin aux USDC, ou l’inverse, sans revenir à l’euro :

  • sur la plateforme : vendez un actif contre un autre (BTC contre USDC). Aucun euro ne touche votre compte : l’échange est en sursis. Retirez ensuite vers votre portefeuille si vous voulez reprendre la garde ;
  • depuis votre portefeuille : MetaMask, Rabby ou Cake Wallet proposent des échanges intégrés. Vous gardez la garde du début à la fin. MetaMask prend 0,875 % de frais par échange, plus les frais de réseau.

L’échange ne crée ni gain ni perte. Votre prix total d’acquisition (la somme de tout ce que vous avez payé en euros pour vos cryptos) ne change pas. L’impôt attend le jour où vous sortirez vraiment.

Un projet à suivre. Un amendement au budget 2027, adopté à l’Assemblée le 16 octobre 2026, rendrait imposable dès 2027 tout échange vers un stablecoin (une crypto dont le prix suit une seule monnaie, comme l’USDC ou l’EURC). Le Sénat doit encore se prononcer. Avant d’échanger vers un stablecoin en 2027, vérifiez son sort au Greffe.

Variante Effort en plus Ce que vous gagnez Ce que vous risquez
Échange crypto contre crypto moins que la recette vous changez de monnaie sans passer par l’euro ni par l’impôt des frais d’échange ; un sursis, pas une exonération
Vente de pair à pair, directement à un autre particulier (RoboSats, Bisq) plus : un à deux points d’effort aucune plateforme ne détient vos fonds, aucune pièce d’identité demandée des frais faibles (0,2 % au total sur RoboSats) ; une escroquerie où l’acheteur annule son virement après avoir reçu vos bitcoins ; des délais ; l’impôt reste dû ; sur Bisq Easy, le vendeur doit avoir une réputation, donc un débutant y vend difficilement
Payer avec une carte crypto autant les euros ne passent jamais par votre compte : le commerçant les reçoit chaque paiement est une vente, à déclarer au-delà de 305 € de ventes par an
Vente contre espèces entre particuliers plus : deux points d’effort ni banque ni plateforme un risque physique au rendez-vous ; un gros dépôt d’espèces appelle des questions sur l’origine des fonds ; l’impôt reste dû

Un particulier qui vend ses propres bitcoins de temps en temps n’a besoin d’aucun agrément : il ne rend pas de service à des clients. Celui qui en fait un commerce habituel pour autrui exerce une activité réservée aux prestataires agréés. La frontière est l’habitude, pas le montant.

La boussole

La boussole est le profil de la salle sur six axes, notés de 0 à 3. Par rapport au village (ce que vous faites déjà : banque, carte, applications), cette salle ne vous cache pas mieux : elle vous rend libre de sortir.

Axe Pourquoi
Garde Vous décidez seul du moment et du montant. Pendant la vente, les fonds sont sur la plateforme : quelques heures au plus.
Juridiction Vous pouvez choisir un prestataire établi ailleurs dans l’Union européenne. L’impôt, lui, reste français.
Monnaie Vous savez passer d’une monnaie à l’autre dans les deux sens : les autres monnaies deviennent utilisables.
Discrétion Aucun gain, et c’est voulu : le retour vers le système régulé est le point où la traçabilité réapparaît.
Confort Une fois le chemin connu, c’est un virement, plus une soirée de déclaration par an.
Prudence (un risque existant réduit) Un avoir que l’on sait sortir proprement n’oblige jamais à vendre dans la panique ou en cachette.

Les quatre caméras

Une caméra est un observateur. Ici, toutes voient la sortie.

Caméra Ce qu’elle voit, comparé au village
du Badaud (le curieux, le voleur) S’il connaît votre adresse, il voit un montant partir vers une adresse de plateforme. La chaîne de blocs est publique.
du Changeur (la banque) Un virement entrant d’une plateforme crypto, avec son montant. Elle peut vous demander l’origine des fonds, comme pour un héritage.
du Marchand (la plateforme) Tout : votre identité, l’adresse d’où viennent les fonds, le montant vendu, votre IBAN.
de l’Intendance (l’administration) Depuis le 1er janvier 2026, la plateforme collecte vos opérations. Elle les transmet au fisc à partir de 2027 (directive DAC8, la règle européenne d’échange d’informations fiscales). Vous remplissez vous-même la 2086 et la 3916-bis.

C’est la discrétion d’une vente d’actions sur un compte-titres (le compte qui sert à acheter des actions). Liberté n’est pas invisibilité : le gain de cette salle est de ne plus être prisonnier d’une monnaie, ni d’une plateforme.

Maître Brodolf : « La plateforme, la banque et l’Intendance voient la même vente, et c’est vous qui la déclarez. Trois guichets d’accord sur un même chiffre : je n’avais pas vu ça depuis l’invention du tampon. »

Les risques, chiffrés

Sept risques. Le plus important est la vente mal déclarée. Le point de comparaison est une vente d’actions sur un compte-titres.

Risque En une ligne
1. La vente non déclarée Détection probable dès 2027 ; coût : l’impôt, plus environ 10 % et des intérêts.
2. L’oubli de la 3916-bis 750 € par compte oublié, et un contrôle possible sur dix ans.
3. Les justificatifs perdus Sans facture, le prix d’achat compte pour zéro.
4. L’effet de seuil des 305 € Au-delà de 305 € de ventes par an, tout est imposé, dès le premier euro.
5. L’erreur d’adresse ou de réseau Faible avec l’envoi test ; au pire, le montant envoyé.
6. La plateforme défaillante Réduit par l’agrément ; limitez le temps passé sur la plateforme.
7. Les questions sur l’origine des fonds, ou un gel Un délai et un courriel, si votre journal est tenu.
1. La vente non déclarée, ou mal déclarée
  • Possible ? Oui.
  • Probable ? Élevé à partir de 2027 pour une vente sur une plateforme. Les plateformes collectent vos opérations depuis le 1er janvier 2026. Les données d’un autre pays de l’Union arrivent au fisc au plus tard le 30 septembre 2027. Le nombre de contrôles visant les crypto-actifs n’est pas publié : aucun chiffre fiable.
  • Coût : l’impôt (31,4 % de la plus-value en 2026), plus un intérêt de retard de 0,20 % par mois. S’y ajoute une majoration de 10 % pour une omission, 40 % pour un manquement délibéré, 80 % pour des manœuvres frauduleuses. Si vous corrigez de vous-même, la majoration de 10 % tombe et l’intérêt est réduit de moitié. Pour Paul, un oubli coûterait les 188,40 €, plus environ 25 à 30 €.
  • Tendance : en forte hausse avec DAC8.
  • Durée : le fisc peut revenir jusqu’à la fin de la troisième année qui suit (le 31 décembre 2029 pour une vente de 2026). Dix ans si une 3916-bis manquait. La chaîne de blocs, elle, garde tout, sans limite.
  • Comparé au village : une vente d’actions sur un compte-titres français remonte déjà au fisc chaque année. DAC8 met la crypto au niveau de la banque, pas au-dessus.
2. L'oubli de la 3916-bis
  • Possible ? Oui. C’est l’erreur la plus fréquente : on croit qu’un compte vide ne compte pas. Il compte : le texte vise les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos dans l’année.
  • Probable ? Aucun chiffre fiable. Le risque monte avec DAC8, qui signale vos comptes au fisc.
  • Coût : 750 € par compte non déclaré, 1 500 € si vos comptes à l’étranger ont dépassé 50 000 € dans l’année, dans la limite de 10 000 € par déclaration. L’oubli ouvre aussi au fisc un délai de contrôle de dix ans, et le droit de vous demander sous 60 jours l’origine de vos avoirs.
  • Tendance : stable pour les comptes ; les portefeuilles personnels font l’objet de tentatives répétées (voir la loi).
  • Durée : dix ans de délai de contrôle pour les revenus liés au compte oublié.
  • Comparé au village : un compte bancaire étranger oublié coûte 1 500 €. Le compte crypto est moins puni que le compte en banque.

Votre portefeuille personnel (MetaMask, BlueWallet) n’est pas un compte tenu à l’étranger : il ne se déclare pas, en octobre 2026.

3. Les justificatifs perdus
  • Possible ? Oui, surtout pour des achats anciens sur des plateformes fermées depuis.
  • Probable ? Aucun chiffre fiable. Le risque grandit avec l’âge des achats.
  • Coût : sans preuve, votre prix d’acquisition est réputé nul. Pour Paul, la plus-value passerait de 600 € à 1 000 €, et l’impôt de 188,40 € à 314 €.
  • Tendance : le risque baisse si vous tenez votre journal dès aujourd’hui.
  • Durée : tant que vous détenez des crypto-actifs.
  • Comparé au village : une banque garde vos relevés pour vous. Ici, c’est votre journal. Exportez aujourd’hui l’historique de chaque plateforme : cinq minutes par plateforme.
4. L'effet de seuil des 305 €
  • Possible ? Oui, dès que vous vendez ou payez un peu.
  • Probable ? Certain au-delà du seuil : c’est une règle, pas une probabilité.
  • Coût : jusqu’à 305 € de prix de vente dans l’année (le total vendu, pas le gain), rien n’est imposé. Au-delà, tout est imposé, dès le premier euro.
  • Tendance : stable.
  • Durée : par année civile. Vendre 300 € en décembre puis 300 € en janvier n’est pas vendre 600 € en décembre.
  • Comparé au village : il n’existe pas de seuil comparable pour les actions. Ici, il joue en votre faveur, à condition de le connaître.
5. L'erreur d'adresse ou de réseau à l'envoi
  • Possible ? Oui. Une transaction confirmée ne s’annule pas.
  • Probable ? Faible avec l’envoi test de l’étape 4.
  • Coût : au pire, le montant envoyé. D’où le test à quelques euros.
  • Tendance : en baisse : les portefeuilles signalent de plus en plus les erreurs de réseau.
  • Durée : définitive, sauf si la plateforme accepte une procédure de récupération.
  • Comparé au village : un virement mal adressé se rappelle parfois. Ici, il faut négocier avec la plateforme destinataire, quand c’est possible.
6. La plateforme défaillante pendant que vos fonds y sont
  • Possible ? Oui : faillite, gel, panne.
  • Probable ? Aucun chiffre fiable. L’agrément MiCA réduit ce risque sans l’annuler.
  • Coût : au pire, ce qui se trouve sur la plateforme à ce moment-là.
  • Tendance : en baisse depuis la fin de la période transitoire MiCA, le 1er juillet 2026.
  • Durée : quelques heures d’exposition si vous ne laissez que ce que vous vendez, le temps de le vendre.
  • Comparé au village : votre banque est couverte par une garantie des dépôts. Une plateforme ne l’est pas de la même façon : d’où l’exposition courte.
7. Les questions sur l'origine des fonds, ou un gel
  • Possible ? Oui. Le retour vers le système régulé est le point où la traçabilité réapparaît. La banque et la plateforme ont une obligation de vigilance : un montant inhabituel peut déclencher une demande de justificatif. Et l’USDC est traçable : son émetteur, Circle, peut bloquer une adresse et geler les USDC qu’elle contient, sur décision de justice ou en cas d’activité qu’il juge illicite.
  • Probable ? Aucune statistique publique. Le risque monte avec un gros montant unique sur un compte habituellement calme.
  • Coût : le plus souvent, un délai et un échange de courriels. Votre journal et votre dossier y répondent en une pièce jointe.
  • Tendance : en hausse, avec les règles européennes contre le blanchiment.
  • Durée : le temps de répondre ; un gel dure jusqu’à sa levée.
  • Comparé au village : c’est la même question que pour une vente immobilière ou un héritage versé sur votre compte.

Oubliette : le Compte Non Déclaré. Une oubliette est un piège réel, où tombent les débutants. Vous ouvrez un compte sur une plateforme établie à l’étranger, vous vendez, vous déclarez la vente, et vous oubliez la 3916-bis. Cochez la 3916-bis à chaque déclaration, pour chaque compte ouvert, utilisé ou clos dans l’année.

Basile, le gardien des oubliettes : « Rien n’est perdu : corriger de vous-même, avant que le fisc ne le demande, réduit les pénalités. Remontez par l’échelle, et prenez le formulaire en passant. »

La quête : Ressortir avec les honneurs

La quête est l’exercice de la salle. Elle a deux objectifs, indépendants l’un de l’autre. L’objectif de taverne prouve que vous avez compris. L’objectif de donjon prouve que vous avez fait le vrai geste. Vous donnez votre preuve à la Cafetière, l’encart qui vérifie vos réponses dans votre navigateur. Si la preuve est bonne, votre navigateur fabrique votre drapeau : un code GRAIN{xxxx-xxxx} qui prouve votre réussite. La Cafetière l’inscrit dans votre parchemin. Chaque objectif vous donne aussi un écusson (une récompense du jeu) et des liards (les points du jeu).

Le parchemin est votre fichier de progression chiffré.

Objectif de taverne : remplir la déclaration de Paul

L’année de Paul :

  • achats : 1 000 € de bitcoin en janvier, 1 000 € d’ether en mars, sur une plateforme établie en France, factures conservées ;
  • juillet : échange de tout l’ether contre des USDC ;
  • novembre : vente d’USDC pour 1 000 €, sans frais, chez un prestataire établi en Irlande, où il a ouvert un compte cette année. L’ensemble de ses crypto-actifs vaut alors 5 000 €. Aucune autre vente dans l’année ;
  • il a aussi un portefeuille personnel dont il tient la clé.

Dans une 2086 simulée, saisissez la date de vente, la valeur globale du portefeuille, le prix de vente, les frais, le prix total d’acquisition et la plus-value. Saisissez ensuite le numéro de la case où reporter la plus-value, puis l’impôt dû. Cochez les comptes à déclarer sur la 3916-bis.

Objectif de donjon : dépenser depuis votre adresse signée

Après votre entrée dans cette salle, faites partir des fonds de l’adresse signée à la Chambrée : un dépôt vers une plateforme, un échange intégré, ou un envoi vers une autre de vos adresses. Collez ensuite le txid de cette transaction dans la Cafetière.

Comment la Cafetière vérifie, chez vous

Pour l’objectif de taverne, rien ne sort de votre navigateur. Pour l’objectif de donjon, seul le txid part vers un explorateur public (un site qui affiche les transactions de la chaîne de blocs).

Le détail de la vérification
  • Objectif de taverne : vos réponses sont comparées, dans votre navigateur, à une empreinte des bonnes réponses. Rien n’est envoyé.
  • Objectif de donjon : votre navigateur interroge un explorateur public.
    • Bitcoin : l’API Esplora (le service public de consultation de mempool.space ou de blockstream.info) renvoie la transaction. La Cafetière lit l’adresse de chaque entrée (vin[].prevout.scriptpubkey_address) et vérifie qu’au moins une est votre adresse signée.
    • Réseaux compatibles avec Ethereum (Ethereum, Polygon) : l’API Blockscout renvoie l’expéditeur (from), ou le champ token_transfers pour un stablecoin. Il doit être votre adresse signée.
    • Dans les deux cas, la transaction doit être confirmée, et postérieure à votre entrée dans la salle.
    • L’explorateur voit votre adresse IP, comme un site de suivi de colis. Vous pouvez refaire la vérification sous Tor. Un lien direct vers l’explorateur est toujours affiché. Rien n’est envoyé à ce site.
  • Peut-on tricher ? Pour l’objectif de donjon, pas sans la clé : seule votre clé dépense depuis l’adresse signée. Comme tous les drapeaux du château, on peut toutefois contourner la vérification en lisant le code du site. C’est assumé : il n’y a rien à gagner, sinon le geste.

Les sucres

Les sucres sont trois niveaux d’aide gratuits. Un sucre donne une piste, deux donnent la méthode, trois donnent la solution. Ouvrez-les un par un. Ils ne vous retirent rien : votre journal note seulement combien vous en avez pris.

Un sucre, une piste
  • Taverne : l’échange de juillet n’entre pas dans le calcul. Seule la vente de novembre compte.
  • Donjon : vous n’avez pas besoin de vendre. Un envoi de quelques euros vers une autre de vos adresses suffit. Ce qui compte, c’est que l’argent parte de l’adresse signée.
Deux sucres, la méthode
  • Taverne : plus-value = prix de vente − (prix total d’acquisition × prix de vente ÷ valeur globale du portefeuille). Le prix total d’acquisition est la somme payée en euros pour tous les achats. La 3916-bis vise les comptes chez un prestataire établi hors de France.
  • Donjon, Bitcoin : votre portefeuille change d’adresse à chaque réception. Si vos fonds sont arrivés sur une autre adresse que l’adresse signée, la transaction ne la dépensera pas. Envoyez d’abord un petit montant vers l’adresse signée, puis dépensez-le.
Trois sucres, la solution
  • Taverne : date de vente, novembre ; valeur globale, 5 000 € ; prix de vente, 1 000 € ; frais, 0 € ; prix total d’acquisition, 2 000 € ; plus-value, 1 000 − (2 000 × 1 000 ÷ 5 000) = 600 €. Case 3AN. Impôt : 600 × 31,4 % = 188,40 €. Sur la 3916-bis : le compte chez le prestataire irlandais seulement. Ni la plateforme française, ni le portefeuille personnel.
  • Donjon : si la Cafetière refuse, vérifiez le réseau (Polygon n’est pas Ethereum). Vérifiez que la transaction est confirmée : attendez un bloc. Vérifiez que vous n’avez pas collé l’adresse au lieu du txid. Un txid Bitcoin compte 64 caractères, chiffres de 0 à 9 et lettres de a à f. Un txid EVM commence par 0x et compte 66 caractères.

Le déca

Vous pouvez lire la salle sans accomplir la quête : c’est « prendre un déca ». Vous n’aurez pas l’écusson, mais le chemin continue, et vous pourrez revenir faire la quête quand vous voudrez.

Le verdict

Écusson forgé : Retour au système, avec les honneurs. Vous êtes sorti comme vous étiez entré : proprement, déclaration remplie, et en sachant pourquoi. Vous voici ce que le fisc appelle, faute d’en croiser souvent, un contribuable crypto à jour de ses déclarations. Le législateur a mis sept ans à réécrire l’article qui contient la formule ; vous l’avez appliquée en une soirée.

Hilarion, le héraut du château (son crieur officiel) : « Oyez : l’aventurier sans nom ressort par la Poterne des Honneurs, déclaration remplie ! Je crierais bien son nom, mais seule l’Intendance le connaît, et elle garde le secret. »

Ce que dit la loi

En bref : échanger une crypto contre une autre est en sursis d’impôt ; la vente contre des euros ou le paiement d’un bien est imposable à 31,4 % au-delà de 305 € de ventes par an ; un compte chez un prestataire établi à l’étranger se déclare chaque année.

La loi en détail : impôt, déclarations, pénalités, délais, projets en cours
  • Article 150 VH bis du code général des impôts (CGI), dans sa version en vigueur depuis le 1er juillet 2026 (ordonnance n° 2024-936 du 15 octobre 2024). L’échange entre crypto-actifs sans soulte (sans euros reçus) est en sursis. La vente contre des euros, un bien ou un service est imposable. Le calcul porte sur tout le portefeuille du foyer. Les moins-values ne s’imputent que sur la même année.
  • Taux : 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou le barème progressif (l’impôt sur le revenu, par tranches) sur option globale et irrévocable (case 3CN).
  • Seuil de 305 € de prix de vente par an. Sous ce seuil, les ventes sont exonérées. L’article demande quand même d’indiquer le prix de ces ventes sur l’annexe 2086.
  • 3916-bis (art. 1649 bis C et 1736 X du CGI) : tout compte ouvert, détenu, utilisé ou clos auprès d’un prestataire établi hors de France. Le critère est le lieu d’établissement, pas l’agrément. Amende : 750 € par compte, 1 500 € au-delà de 50 000 €, dans la limite de 10 000 € par déclaration.
  • Pénalités : intérêt de retard de 0,20 % par mois, réduit de moitié en cas de correction spontanée (art. 1727). Majoration de 10 % pour une omission, sauf correction spontanée (art. 1758 A). Majoration de 40 % pour un manquement délibéré, 80 % pour des manœuvres frauduleuses (art. 1729).
  • Délais de contrôle (art. L169 du livre des procédures fiscales) : jusqu’à la fin de la troisième année qui suit, dix ans si une 3916-bis manquait. L’article L23 C permet au fisc de demander, sous 60 jours, l’origine des avoirs d’un compte non déclaré.
  • Recouvrement : depuis la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 (art. 90), le fisc peut saisir, pour une dette d’impôt, des crypto-actifs gardés par un prestataire et les faire vendre. Pour le contribuable à jour, rien ne change.
  • Règle de voyage (règlement (UE) 2023/1113, art. 14, applicable depuis le 30 décembre 2024) : au-delà de 1 000 € entre une plateforme et une adresse personnelle, le prestataire doit vérifier que l’adresse est à vous. Attendez-vous à ce qu’on vous le demande.
  • Espèces : aucun plafond entre particuliers hors activité professionnelle. Au-delà de 1 500 €, un écrit est nécessaire pour prouver le paiement.
  • Projets en cours, au 26 octobre 2026 : l’amendement I-3898 au budget 2027 rendrait imposable, dès le 1er janvier 2027, tout échange vers un jeton de monnaie électronique. Il a été adopté à l’Assemblée le 16 octobre 2026, par 38 voix contre 37, et doit encore passer au Sénat. La déclaration des portefeuilles personnels revient aussi à chaque texte : celle de plus de 5 000 €, votée en avril 2026, a été supprimée par la commission mixte paritaire (les députés et sénateurs qui arrêtent le texte final) le 28 avril 2026. Le suivi est au Greffe.

Pour aller plus loin

Dans l’Aile du Trésor

Dans la Volière

Sources

Vérifiées en octobre 2026.

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