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Bas de Laine

L'Aile du Trésor · rez-de-chaussée, au fond

Le Marché de l'Arrière-Cour · Acheter sans guichet (pair à pair)

Pas de guichet, pas de registre : deux personnes qui se mettent d'accord sur un prix. Le plus vieux commerce du monde, sans formulaire.

Salle en travaux : son texte est là, sa quête ouvrira plus tard.

Quête : De la main à la main

  • Objectif de taverne : Jouez le jeu du séquestre : choisissez la bonne action dans cinq scénarios d'échange, dont deux arnaques connues.
  • Objectif de donjon : Signez une adresse neuve, puis collez le txid de l'achat qui la crédite.

Effort : 4 sur 5. Liberté gagnée : 8 sur 15. Classement : Chantier.

La boussole de la salle
CaractéristiqueGain (0 à 3)
Garde2
Juridiction2
Monnaie2
Discrétion2
Confort1
Prudence0
CaméraDiscrétion gagnée (0 à 3)
la caméra du Badaud1
la caméra du Changeur2
la caméra du Marchand3
la caméra de l'Intendance2

L’essentiel en cinq lignes

  1. Où vous êtes : au fond de l’Aile du Trésor, la partie du site sur la monnaie.
  2. Ce que vous apprenez : acheter du bitcoin directement à une autre personne, avec un séquestre à la place d’une plateforme.
  3. Ce que vous faites : un petit achat sur RoboSats, reçu sur une adresse neuve.
  4. Ce qu’il vous faut : un portefeuille, Tor Browser (un navigateur qui cache votre adresse internet), 50 à 150 € et un virement instantané. Effort : 4 sur 5. Durée : une soirée la première fois.
  5. Ce que vous y gagnez : du bitcoin sans dossier client, dans un portefeuille que vous tenez seul.

Pourquoi cette salle

Jusqu’ici, pour obtenir du bitcoin, vous êtes passé par un guichet : une plateforme agréée, qui demande une pièce d’identité et le nom de votre banque.

Cette salle ouvre l’autre porte : acheter à une autre personne. Personne ne garde votre argent, et aucun dossier client n’est ouvert à votre nom.

À la fin de la salle, vous saurez :

  • choisir entre Bisq Easy, RoboSats et Peach, selon ce que vous voulez protéger ;
  • dire ce qu’est un séquestre, et pourquoi il rend raisonnable un échange avec un inconnu ;
  • repérer les deux arnaques les plus fréquentes ;
  • garder la preuve du prix payé, car l’impôt ne change pas.

Percolozor, en voix off. J’ai acheté mon premier bitcoin à un inconnu nommé d’après un légume. Il a été plus ponctuel que ma banque.

L’histoire

Buenos Aires, rue Florida, dans les années 2010. L’Argentine a instauré un contrôle des changes : pour acheter des dollars au guichet, il faut une autorisation de l’État. Le taux officiel ne ressemble plus au taux réel.

Alors, sur le trottoir, des hommes murmurent « cambio, cambio » aux passants. On les appelle les arbolitos, les « petits arbres », parce qu’ils restent plantés là toute la journée. Derrière eux, dans une arrière-boutique, une cueva (une « grotte ») fait l’échange. Le taux de la rue a même un nom, le dólar blue. Les journaux le publient chaque matin, à côté du taux officiel.

Ce marché n’a pas été inventé par des bandits. Il naît chaque fois que le guichet devient plus cher, plus lent ou plus intrusif que la rue. Il porte toujours les mêmes risques : le faux billet, l’intermédiaire qui part avec la caisse, la ruelle mal choisie.

Le pair à pair numérique (de particulier à particulier, par un logiciel) reprend la vieille idée et retire la ruelle.

Cas fictif. Paul a déjà un portefeuille. Un soir, il ouvre RoboSats dans Tor Browser. Il choisit une offre : 150 € de bitcoin, payés par virement instantané, avec une prime de 3 % au-dessus du prix du marché. Le vendeur, un « robot » au nom absurde, a déjà bloqué ses bitcoins dans un séquestre.

Paul envoie son virement. Le vendeur confirme qu’il l’a reçu. Les bitcoins arrivent dans le portefeuille de Paul. Personne n’a vu son passeport. Il a payé un peu plus cher qu’au guichet, et il le sait : c’est le prix de la porte de derrière.

Maître Anastase, l’alchimiste qui traduit les mots savants : « Un séquestre, c’est quelqu’un qui tient le colis pendant que vous payez. Mon grimoire dit “dépôt conditionnel à signatures multiples”, ce qui ne tient sur aucune étiquette. »

La recette

La recette compte six étapes, sur RoboSats, la voie la plus simple pour un petit montant. Vous obtenez du bitcoin sur une adresse que vous seul contrôlez.

Étape 1 : comprenez le séquestre avant de payer

Entre inconnus, quelqu’un doit envoyer en premier. Si c’est vous, vous envoyez des euros et vous espérez recevoir des bitcoins.

Le séquestre règle ce problème. Le vendeur bloque d’abord ses bitcoins dans un coffre que personne ne peut ouvrir seul. Le coffre s’ouvre vers vous quand le vendeur confirme avoir reçu votre paiement. S’il refuse alors que vous avez payé, vous ouvrez un litige, et un arbitre tranche au vu des preuves.

Chaque outil construit ce coffre à sa façon :

  • RoboSats passe par Lightning, un réseau de paiements rapides construit au-dessus de Bitcoin. Il utilise des factures Lightning « hodl » : des paiements bloqués, mais pas encaissés. Le vendeur bloque ses bitcoins. L’acheteur et le vendeur bloquent en plus chacun une caution : 3 % du montant par défaut, réglable de 2 à 15 %. Celui qui triche ou qui laisse filer un délai perd sa caution.
  • Bisq Easy, un autre outil présenté dans les variantes, n’a pas de séquestre. Vous envoyez les euros en premier. La sécurité repose sur la réputation du vendeur, qui plafonne le montant qu’il peut vendre.

Étape 2 : préparez la réception

RoboSats vous paie normalement en Lightning.

  1. Installez un portefeuille Lightning qui sait recevoir (voir Le Passage des Estafettes · Lightning : payer en une seconde).
  2. Si vous visez l’objectif de donjon (la preuve que vous avez fait le vrai geste), créez aussi une adresse Bitcoin neuve dans votre portefeuille.
  3. Avant l’achat, signez avec cette adresse le défi de la quête : un court texte que la Cafetière vous donne. Le détail est dans la quête, plus bas.

Étape 3 : ouvrez RoboSats et créez votre robot

RoboSats ne fonctionne que par Tor, un réseau qui cache votre adresse internet. Si vous ne l’avez jamais utilisé, passez d’abord par Les Souterrains à Trois Relais · Tor : se fondre dans la foule. Comptez dix minutes pour l’installer.

  1. Ouvrez Tor Browser.
  2. Recopiez l’adresse officielle de RoboSats depuis sa documentation (learn.robosats.org), puis ouvrez-la.
  3. Générez votre robot. RoboSats vous donne un jeton, une longue suite de caractères : c’est votre seule identité pour cet échange.
  4. Notez ce jeton. Sans lui, vous ne pourrez plus revenir sur la commande en cas de litige.

Pour chaque nouvel échange, générez un nouveau robot.

Étape 4 : choisissez une offre

  1. Choisissez une offre de vente en euros.
  2. Prenez un moyen de paiement instantané et irréversible, comme le virement SEPA instantané (un virement européen qui arrive en quelques secondes).
  3. Évitez PayPal et tout moyen qui se rembourse sur réclamation. Les arnaqueurs s’en servent.
  4. Lisez la prime affichée : c’est l’écart entre le prix de l’offre et le prix du marché, fixé par le vendeur. Comparez-la au prix d’une plateforme agréée.
  5. Commencez petit : 50 à 150 €.

Étape 5 : bloquez votre caution et donnez votre facture

  1. Payez la facture Lightning de votre caution. Elle reste bloquée, et elle n’est pas encaissée si tout se passe bien.
  2. Donnez votre facture de réception Lightning : le code que votre portefeuille fabrique quand vous choisissez « Recevoir ». Pour l’objectif de donjon, vous pouvez donner à la place l’adresse neuve signée (voir la quête).
  3. Pendant ce temps, le vendeur bloque ses bitcoins dans le séquestre.

Ces étapes sont minutées : 3 heures par défaut, de 1 à 10 heures selon l’offre. Celui qui laisse filer le délai perd sa caution. Ne lancez pas un échange juste avant d’aller dormir.

Étape 6 : payez, puis attendez la libération

  1. Payez exactement le montant demandé.
  2. Écrivez la référence demandée, et rien d’autre, dans le libellé.
  3. Signalez dans RoboSats que votre paiement est parti.
  4. Attendez que le vendeur confirme la réception. Les bitcoins arrivent, et votre caution est libérée.
  5. Gardez une capture du montant payé en euros. C’est votre prix d’acquisition pour le fisc (voir la loi).
Les variantes : Bisq Easy, Bisq 1, Peach, Hodl Hodl
Variante Effort en plus Ce que vous gagnez Ce que vous risquez
Bisq Easy (ordinateur) moins que RoboSats : ni Tor Browser à installer, ni Lightning aucun frais d’échange ; le vendeur paie les frais de réseau vous payez en premier, sans séquestre
Bisq 1 (ordinateur) plus : il faut déjà un peu de bitcoin pour le dépôt de garantie un vrai séquestre, avec dépôt de garantie des deux côtés un logiciel plus austère
Peach (mobile) à peu près le même une appli simple depuis le 31 août 2026, le vendeur tient seul le séquestre, et Peach ne peut plus trancher un litige
Hodl Hodl (web) à peu près le même un séquestre où la plateforme ne tient qu’une clé sur trois des frais plus élevés que RoboSats

Bisq Easy fait partie de Bisq 2, qui s’installe sur ordinateur. Il est pensé pour ceux qui n’ont encore jamais eu de bitcoin. Il n’y a aucun frais d’échange, et le vendeur paie les frais de minage (les frais du réseau Bitcoin). L’échange se négocie dans une messagerie intégrée. Le logiciel refuse de vous associer à un vendeur dont la réputation ne couvre pas le montant. Un échange va de 6 à 600 dollars, ou leur équivalent en euros (code de Bisq 2, octobre 2026). Règle simple : un vendeur à forte réputation, un petit montant.

Bisq 1 ajoute un vrai dépôt de garantie, bloqué dans un coffre à plusieurs signatures (un multisig). Les frais, payés en bitcoin, sont de 0,15 % pour qui crée l’offre et de 1,15 % pour qui la prend. La communauté Bisq les fixe par vote, et ils peuvent changer.

Peach est une appli mobile, éditée par une société suisse. Le 31 août 2026, pendant un réexamen réglementaire en Suisse, Peach a annoncé des mesures temporaires :

  • Peach ne signe plus le séquestre : le vendeur contrôle seul les bitcoins bloqués ;
  • en cas de litige, Peach ne peut plus que servir de médiateur ;
  • seuls les comptes vérifiés, ou les vendeurs avec un long historique sans litige perdu, peuvent vendre ;
  • un compte non vérifié ne peut mener qu’un échange à la fois ;
  • les frais restent de 2 %.

Vérifiez l’état du service le jour où vous l’ouvrez : il bouge.

Hodl Hodl est une plateforme web. Le séquestre est un multisig « 2 sur 3 » : le vendeur, l’acheteur et la plateforme ont chacun une clé, et deux clés suffisent pour libérer les fonds. Aucune vérification d’identité n’est demandée pour échanger. Les frais sont de 0,75 % par partie, ou de 0,5 % avec un code de parrainage.

RoboSats, pour comparer : 0,2 % de frais au total (0,025 % pour qui crée l’offre, 0,175 % pour qui la prend). Si vous recevez directement sur la chaîne Bitcoin plutôt qu’en Lightning, ajoutez des frais de conversion de 1 à 10 %, selon le moment.

Dans tous les cas, ajoutez la prime du vendeur. Aucun chiffre public fiable ne la mesure : elle dépend du vendeur et du moyen de paiement, et elle est affichée dans chaque offre.

La boussole

La boussole est le profil de la salle sur six axes, notés de 0 à 3. Par rapport au village (ce que vous faites déjà : des euros sur un compte bancaire), cette salle vous fait sortir de l’euro sans passer par un guichet.

Axe Pourquoi
Garde Les bitcoins arrivent directement dans votre portefeuille. Pendant l’échange, ils sont dans un séquestre que personne n’ouvre seul (sauf sur Bisq Easy, où vous payez en premier).
Juridiction Bisq n’a pas d’opérateur. Les coordinateurs de RoboSats (les serveurs qui mettent acheteurs et vendeurs en relation) ne sont joignables que par Tor. Peach est en Suisse.
Monnaie Vous sortez de l’euro sans guichet.
Discrétion Voir les quatre caméras, ci-dessous.
Confort Tor, un minuteur et un inconnu à l’autre bout : moins simple qu’une appli agréée.
Prudence (un risque existant réduit) Vous échangez le risque de la plateforme contre celui de la personne en face. Rien de gagné de ce côté.

Les quatre caméras

Une caméra est un observateur possible : le curieux, la banque, la plateforme, l’administration.

Caméra Ce qu’elle voit, comparé au village
du Badaud (le curieux, le voleur) Le vendeur voit votre nom dans le virement : un inconnu sait que vous avez acheté du bitcoin.
du Changeur (la banque) Un virement vers un particulier, avec une référence anodine, sans mention de cryptomonnaie. Des virements répétés vers des inconnus peuvent susciter des questions.
du Marchand (la plateforme) Aucun dossier client : RoboSats ne connaît que votre robot, par Tor, et Bisq n’a pas d’opérateur. Peach réserve désormais la vente aux comptes vérifiés.
de l’Intendance (l’administration) Aucune déclaration DAC8 (la règle européenne qui fait déclarer les plateformes au fisc), faute de plateforme (voir la loi). Le virement reste sur votre relevé bancaire, et la chaîne Bitcoin est publique.

Le sergent Firmin, le garde des caméras : « Ici, chef, celui qui vous voit le mieux, c’est le vendeur : votre nom est dans le libellé. Moi, je vois un virement entre particuliers, et j’en vois dix mille par jour. »

Les risques, chiffrés

Cette salle compte sept risques. Le principal n’est pas pénal : c’est de tomber sur un tricheur, comme sur un site de petites annonces. Le séquestre change beaucoup la donne.

Risque En une ligne
1. Le vendeur ne libère pas les bitcoins Faible avec séquestre. Plus élevé sur Bisq Easy, mais borné par la réputation et les petits montants.
2. La triangulation Un escroc fait payer le vendeur par une victime. Rare pour vous ; au pire, un compte bloqué. Parade : payer depuis votre propre compte.
3. La rétrofacturation Un paiement annulé après coup. Elle vise surtout le vendeur. Vous l’évitez avec un paiement irréversible.
4. Des bitcoins au passé chargé Faible pour de petits montants. Gênant seulement si vous revenez vers une plateforme agréée.
5. La rencontre en espèces Le seul risque physique. Les outils de cette salle l’évitent.
6. La prime Un coût certain, affiché avant l’achat.
7. Le risque pénal Nul pour l’acheteur occasionnel. Il apparaît si vous en faites commerce.
1. Le vendeur ne libère pas les bitcoins
  • Possible ? Oui.
  • Probable ? Faible avec séquestre : ses bitcoins et sa caution sont bloqués, et il perd la caution s’il triche. Plus élevé sur Bisq Easy, sans séquestre. Aucun chiffre public fiable sur les litiges.
  • Coût : au pire, le montant de l’échange. D’où les petits montants au début.
  • Tendance : stable.
  • Durée : le risque s’arrête à la fin de l’échange.
  • Comparé au village : un achat sur un site de petites annonces sans paiement sécurisé est plus risqué, puisque personne ne tient le colis.
2. La triangulation
  • Possible ? Oui. Un escroc vend un objet imaginaire à une victime. Il lui fait payer le vendeur de bitcoins à sa place. Le vendeur reçoit de l’argent volé, et l’escroc repart avec les bitcoins.
  • Probable ? Ce piège vise surtout le vendeur. L’acheteur y est mêlé si quelqu’un propose de « payer à sa place ». Aucun chiffre fiable.
  • Coût : un litige, un compte bancaire bloqué le temps de l’enquête, et l’échange perdu.
  • Tendance : stable.
  • Durée : le temps du litige.
  • Comparé au village : c’est la même arnaque que sur les sites de petites annonces. La parade est la même : le paiement vient de votre compte, à votre nom, jamais d’un tiers. Si quelqu’un propose de régler pour vous, c’est une arnaque.
3. La rétrofacturation
  • Possible ? Oui. Un paiement réversible (PayPal, carte, certaines applis) peut être annulé après coup.
  • Probable ? Elle vise surtout le vendeur. Aucun chiffre fiable.
  • Coût : pour vous, un échange annulé et un litige.
  • Tendance : stable.
  • Durée : le délai de réclamation du moyen de paiement.
  • Comparé au village : c’est le risque de tout vendeur en ligne. Côté acheteur, la règle reste simple : un moyen de paiement irréversible, le montant exact, un libellé neutre.
4. Des bitcoins au passé chargé
  • Possible ? Oui. Les bitcoins reçus d’un inconnu ont un historique, visible sur la chaîne. Une plateforme agréée peut un jour les refuser, ou poser des questions si vous les y déposez.
  • Probable ? Faible pour de petits montants. Aucun chiffre fiable.
  • Coût : des questions, ou un dépôt refusé.
  • Tendance : en hausse. Le règlement européen contre le blanchiment (AMLR) renforce la vigilance des plateformes à partir du 10 juillet 2027.
  • Durée : permanente, car la chaîne garde la mémoire. Voir Le Poste de Garde aux Caméras · La discrétion : ce qu’un curieux peut retrouver.
  • Comparé au village : un billet reçu de la main à la main a lui aussi un passé, mais il ne le raconte à personne. Ici, la mémoire existe, et elle ne gêne que si vous revenez au guichet.
5. La rencontre en espèces
  • Possible ? Oui. Entre particuliers, aucun plafond ne limite le paiement en espèces.
  • Probable ? Rare : les outils de cette salle évitent justement le rendez-vous.
  • Coût : c’est le seul cas où le risque devient physique. Un inconnu sait que vous portez des espèces ou des bitcoins.
  • Tendance : stable ; aucun chiffre fiable.
  • Durée : le temps du rendez-vous, puis ce que l’autre retient de vous.
  • Comparé au village : c’est le risque de toute vente de la main à la main d’un objet de valeur.
6. La prime
  • Possible ? Certain : ce n’est pas un risque, c’est un coût.
  • Probable ? Toujours. Le vendeur la fixe, et l’offre l’affiche.
  • Coût : par exemple, une prime de 5 % sur 150 € coûte 7,50 €. Sur RoboSats, ajoutez 1 à 10 % si vous recevez directement sur la chaîne.
  • Tendance : elle varie avec le moyen de paiement et le nombre de vendeurs.
  • Durée : payée une fois, à l’achat.
  • Comparé au village : c’est le prix de la porte de derrière, comme les frais d’un bureau de change.
7. Le risque pénal
  • Possible ? Seulement si vous achetez et revendez régulièrement pour d’autres. C’est alors une activité de prestataire sans agrément (voir la loi).
  • Probable ? Nul en pratique pour l’acheteur occasionnel. Acheter ses propres bitcoins à un particulier n’est pas une activité réglementée.
  • Coût : pour une activité sans agrément, jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende.
  • Tendance : stable depuis la fin de la période de transition de MiCA, le 1er juillet 2026.
  • Durée : celle de l’activité.
  • Comparé au village : c’est la même frontière que pour un particulier qui revend ses meubles, comparé à un brocanteur.

Oubliette : l’Inconnu Pressé. Une oubliette est un piège réel, où tombent les débutants. Un vendeur vous propose de payer d’abord, hors du logiciel, « pour aller plus vite », puis il disparaît : sans séquestre, rien ne vous protège. Restez dans le logiciel, du premier message au dernier euro.

Basile, le gardien des oubliettes : « Celui qui vous presse de sortir du séquestre a une raison, et ce n’est pas votre confort. Ici, je tiens l’échelle ; dehors, personne ne la tient. »

La quête : De la main à la main

La quête est l’exercice de la salle. Elle a deux objectifs, indépendants l’un de l’autre. L’objectif de taverne prouve que vous avez compris. L’objectif de donjon prouve que vous avez fait le vrai geste. Vous donnez votre preuve à la Cafetière, l’encart qui vérifie vos réponses dans votre navigateur. Si la preuve est bonne, votre navigateur fabrique votre drapeau : un code GRAIN{xxxx-xxxx} qui prouve votre réussite. La Cafetière l’inscrit dans votre parchemin. Chaque objectif vous donne aussi un écusson (une récompense du jeu) et des liards (les points du jeu).

Objectif de taverne : jouez le jeu du séquestre

La Cafetière vous présente cinq scénarios d’échange. Dans chacun, vous choisissez une action : payer, attendre, ouvrir un litige ou fuir.

Deux scénarios sont des arnaques. Repérez-les, sans fuir les trois échanges honnêtes. Vous cliquez sur vos réponses, et votre navigateur fabrique le drapeau.

Objectif de donjon : signez une adresse neuve, puis collez le txid de l’achat

  1. Avant l’achat, créez une adresse neuve dans votre portefeuille. Elle ne doit avoir jamais rien reçu.
  2. Signez avec elle le défi affiché par la Cafetière. Signer, c’est prouver avec votre portefeuille que l’adresse est à vous. Vous le faites comme à La Chambrée · Premier portefeuille.
  3. Collez l’adresse et la signature dans l’encart de la Cafetière.
  4. Achetez, en faisant arriver les bitcoins sur cette adresse.
  5. Après l’achat, collez le txid de la transaction reçue. Le txid est l’identifiant de la transaction : 64 caractères, affichés par votre portefeuille.

Sur RoboSats, la réception se fait en Lightning, qui ne laisse pas de txid sur la chaîne. Vous avez deux façons de faire :

  • choisissez la réception « on-chain » (directement sur la chaîne Bitcoin) quand vous donnez votre facture, contre 1 à 10 % de frais de conversion ;
  • ou recevez en Lightning, puis envoyez les fonds vers l’adresse signée depuis votre portefeuille.

Comment la Cafetière vérifie, chez vous

Seul le txid sort de votre navigateur, vers un explorateur public (un site qui affiche la chaîne Bitcoin). La Cafetière vous prévient avant, et vous donne le lien direct.

Le détail de la vérification
  • Objectif de taverne : vos réponses aux cinq scénarios sont vérifiées dans votre navigateur. Rien ne sort.
  • Objectif de donjon : la Cafetière vérifie d’abord la signature, dans votre navigateur (formats BIP-322 ou BIP-137, les deux formats standard de signature ; outil bip322-js). Elle note l’heure de la signature dans votre parchemin, votre fichier de progression chiffré. Ensuite, elle interroge un explorateur public avec le txid. Elle vérifie qu’une sortie de la transaction crédite l’adresse signée. Elle vérifie aussi que l’adresse n’avait rien reçu avant la signature.
  • Peut-on tricher ? Oui, pour la partie « pair à pair », et on l’assume. La preuve montre qu’un achat a crédité une adresse que vous teniez déjà. Elle ne peut pas montrer que vous êtes passé par Bisq ou RoboSats plutôt que par un guichet. Comme partout sur le site, on peut aussi tricher en lisant le code : il n’y a rien à gagner, sinon le geste.

Les sucres

Les sucres sont trois niveaux d’aide gratuits. Un sucre donne une piste, deux donnent la méthode, trois donnent la solution. Ouvrez-les un par un. Ils ne vous retirent rien : votre journal note seulement combien vous en avez pris.

Un sucre, une piste

La signature doit venir avant le txid. Une adresse qui a déjà reçu quelque chose ne compte pas : prenez-en une neuve.

Deux sucres, la méthode

L’explorateur affiche les sorties d’une transaction. L’une d’elles doit porter exactement l’adresse que vous avez signée. Si vous avez reçu en Lightning, il n’y a pas encore de txid sur la chaîne : envoyez d’abord les fonds vers l’adresse signée.

Trois sucres, la solution

Dans votre portefeuille : Recevoir, puis nouvelle adresse, puis Signer un message, avec le texte exact du défi. Collez l’adresse et la signature dans l’encart. Après l’achat, ouvrez la transaction reçue et copiez son identifiant (64 caractères). Collez-le dans l’encart.

Le déca

Vous pouvez lire la salle sans accomplir la quête : c’est « prendre un déca ». Vous n’aurez pas l’écusson, mais le chemin continue, et vous pourrez revenir faire la quête quand vous voudrez.

Le verdict

Écusson forgé : Contrebandier de salon. Vous venez d’acheter de la monnaie à un robot au nom absurde, sans guichet et sans dossier, depuis votre canapé. Les faux-sauniers passaient le sel de nuit, par les cols, pour échapper à la gabelle, l’impôt sur le sel aboli en 1790. Vous avez pris le même chemin hors guichet, en charentaises, avec un virement instantané. Eux fuyaient l’impôt ; vous, vous évitez seulement le guichet.

Percolozor, en voix off. Je vous ai appris la contrebande en six étapes, impôt compris. C’est la seule contrebande où l’on garde ses factures.

Ce que dit la loi

En bref : acheter ses propres bitcoins à un particulier ne demande aucun agrément, et l’impôt sur la revente reste dû comme au guichet. Gardez la preuve du prix payé.

La loi en détail : agrément, sanctions, impôt, espèces, DAC8
  • Acheter à un particulier ne demande aucun agrément. Le règlement européen MiCA, sur les marchés de cryptomonnaies, définit le prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA) comme une entreprise qui fournit ces services « à titre professionnel » (article 3). Un particulier qui vend de temps en temps ses propres bitcoins ne fournit pas un service. Ni lui ni vous n’avez besoin d’agrément.
  • Le commerce habituel change la donne. Acheter et revendre régulièrement pour d’autres, c’est exercer une activité de PSCA. Depuis le 1er juillet 2026, sans agrément, la peine encourue va jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende (code monétaire et financier, articles L. 54-10-4 et L. 572-23).
  • Les outils de pair à pair ne sont pas agréés en France. Ils ne déclarent rien à votre sujet. Ils ne vous protègent pas non plus comme un prestataire agréé.
  • L’impôt ne change pas. L’achat n’est pas imposable. Votre vente future le sera, comme toute cession, au-delà de 305 € de cessions dans l’année. Le taux et les cas sont au Greffe · La loi en chiffres.
  • Gardez la preuve du prix d’achat : la capture de l’échange et la ligne du virement. Sans justificatif, les cryptomonnaies sont réputées acquises pour une valeur nulle. Toute la vente devient alors plus-value (BOFiP, BOI-RPPM-PVBMC-30-20, n° 90).
  • Espèces entre particuliers : aucun plafond. Au-delà de 1 500 €, il faut un écrit pour prouver le paiement. Avec un professionnel, le plafond est de 1 000 €.
  • DAC8 ne vous voit pas ici. DAC8 est la directive européenne qui oblige les plateformes à déclarer au fisc les opérations de leurs clients, depuis le 1er janvier 2026. Sans plateforme, il n’y a pas de déclarant. Cela ne vous dispense de rien : la règle fiscale est la même qu’au guichet, et c’est à vous de déclarer votre vente.

Pour aller plus loin

Dans l’Aile du Trésor

Dans la Tour aux Volets

Sources

Vérifiées en octobre 2026.

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