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Bas de Laine

L'Aile du Trésor · rez-de-chaussée

Le Passage des Estafettes · Lightning : payer en une seconde

Des coursiers qui portent des piécettes plus vite qu'on ne les compte. Ils ne s'arrêtent jamais, et ne racontent rien à personne.

Salle en travaux : son texte est là, sa quête ouvrira plus tard.

Quête : Un paiement éclair

  • Objectif de taverne : Décodez une facture de démonstration, et lisez-y le montant, l'expiration et la description.
  • Objectif de donjon : Payez une vraie facture (chez un commerçant, ou vers un second portefeuille), puis collez la facture et sa preimage.

Effort : 2 sur 5. Liberté gagnée : 8 sur 15. Classement : Pépite : gros butin, petit jet.

La boussole de la salle
CaractéristiqueGain (0 à 3)
Garde2
Juridiction1
Monnaie2
Discrétion2
Confort3
Prudence1
CaméraDiscrétion gagnée (0 à 3)
la caméra du Badaud2
la caméra du Changeur3
la caméra du Marchand2
la caméra de l'Intendance1

L’essentiel en cinq lignes

  1. Où vous êtes : au Passage des Estafettes, dans l’Aile du Trésor, la partie du site sur la monnaie.
  2. Ce que vous apprenez : payer en bitcoin en une seconde avec Lightning, le réseau rapide de Bitcoin.
  3. Ce que vous faites : vous installez Phoenix, un portefeuille dont vous tenez la clé, et payez une vraie facture.
  4. Ce qu’il vous faut : un téléphone, quelques dizaines d’euros de bitcoin, et votre premier portefeuille (la Chambrée) déjà fait. Effort : 2 sur 5. Durée : une demi-heure environ.
  5. Ce que vous y gagnez : payer sans banque ni carte, pour un ou deux centimes.

Pourquoi cette salle

Un paiement en bitcoin ordinaire attend d’être inscrit sur la chaîne, le registre public de Bitcoin. Les inscriptions se font par paquets, les blocs : une toutes les dix minutes en moyenne. Les jours chargés, ses frais dépassent le prix d’un café.

Lightning est un second réseau, posé au-dessus de Bitcoin. Un paiement y arrive en quelques secondes, pour des frais d’environ un centime sur un café. Le geste est celui de la carte sans contact, mais sans banque entre vous et le commerçant.

À la fin de la salle, vous saurez :

  • payer avec Phoenix, et lire une facture avant de la payer (la facture est la demande de paiement du commerçant, en QR code) ;
  • dire ce que voit l’entreprise qui fait passer vos paiements, et ce qu’elle ne voit pas.

L’histoire

Cas fictif, construit sur des faits réels.

Paul tient une petite brûlerie de café. Les frais de carte l’agacent. Un règlement européen plafonne la commission d’interchange (la part que la banque du client prend au commerçant) à 0,2 % pour une carte de débit. Mais la location du terminal et la marge de sa banque s’y ajoutent. Et quand le terminal tombe en panne un samedi matin, des clients repartent sans café.

Un jour, un client lui demande : « Vous avez un QR code ? » Le client lui fait installer une application. Il lui fait noter douze mots sur un ticket de caisse retourné : « pas en photo, s’il vous plaît ». Puis le client lui achète un paquet de café en grains à 18 €, en scannant le QR code de Paul. Le téléphone de Paul vibre avant que le client ait rangé le sien. L’application de Paul a retenu au passage des frais de mise en service, payés une seule fois.

Paul pose trois questions.

« Qui garde l’argent ? » Lui. Les douze mots sont la clé ; l’application n’est qu’un outil pour s’en servir.

« Qui voit passer le paiement ? » Ni sa banque, ni le réseau de cartes. L’entreprise qui fait tourner l’application voit les montants et la destination, mais pas son nom.

« Et si je veux revenir à l’euro ? » C’est possible. Mais c’est une vente, et le fisc la traite comme telle.

Paul a gardé son terminal et ajouté un QR code à côté. À la panne suivante, trois clients ont payé quand même.

En mai 2010, deux pizzas ont été payées 10 000 bitcoins, après quatre jours de discussion sur un forum. Le paiement de Paul a pris une seconde.

Maître Anastase Fiole, l’alchimiste des échanges : « Le client a payé, et l’argent est arrivé chez Paul avant que la tasse refroidisse. Mon grimoire appelle cela “un règlement hors chaîne par contrat de hachage temporisé”, ce qui prend plus de temps à dire qu’à payer. »

La recette

La recette a quatre étapes. À la fin, vous avez un portefeuille Lightning et un premier paiement réussi.

Étape 1 : comprenez ce qu’est un canal

Cette étape explique ce que Phoenix fait pour vous. Elle n’est pas nécessaire pour payer.

  1. Sur Lightning, l’argent circule dans des canaux. Un canal est une somme mise en commun par deux parties, et bloquée sur la chaîne Bitcoin.
  2. Les deux parties s’échangent ensuite des reçus signés, instantanément, autant de fois qu’elles veulent. Seules l’ouverture et la fermeture du canal s’inscrivent sur la chaîne.
  3. Un paiement peut traverser plusieurs canaux. Aucun intermédiaire ne peut prendre l’argent en route.
  4. Chaque paiement est verrouillé par un secret. Le destinataire tire au sort un très long nombre secret : la preimage (le secret d’origine). Il calcule l’empreinte de ce secret et l’écrit dans la facture. Cette empreinte (le payment hash) est calculée avec SHA-256 : une fonction qui transforme un texte en un code unique, impossible à inverser.
  5. L’argent ne se débloque que si la preimage est révélée. Quand votre portefeuille affiche « payé », c’est qu’il a reçu la preimage. C’est votre reçu.

Étape 2 : installez Phoenix et notez les douze mots

Phoenix est édité par ACINQ, une société française. Son code est public. Vos fonds sont tenus par une phrase de 12 mots, pas par un compte chez ACINQ. ACINQ ouvre et gère votre canal à votre place.

  1. Installez Phoenix depuis le magasin d’applications officiel. Vérifiez que l’éditeur est ACINQ : de fausses applications existent.
  2. Touchez « Créer un nouveau portefeuille ». Phoenix affiche 12 mots.
  3. Notez-les sur papier, dans l’ordre, comme à la Chambrée, la salle de votre premier portefeuille. Ce ne sont pas les Douze du site : ces mots-ci tiennent votre argent.
  4. Ne les mettez sur aucun écran : ni photo, ni note, ni courriel.

Étape 3 : recevez une première somme

La première réception crée votre canal. Elle coûte donc plus cher que les suivantes.

  1. Touchez « Recevoir ». Phoenix affiche une facture Lightning en QR code, ou une adresse Bitcoin ordinaire si l’argent vient d’un portefeuille Bitcoin classique.
  2. Envoyez-y quelques dizaines d’euros de bitcoin, depuis votre premier portefeuille ou une plateforme (le Grand Salon des Changeurs). La somme doit couvrir l’ouverture du canal.
  3. Lisez les frais avant de valider. D’après le barème de Phoenix (octobre 2026), la création d’un canal coûte 1 000 satoshis (un satoshi vaut un cent-millionième de bitcoin). S’y ajoutent les frais de minage (le prix d’une inscription sur la chaîne) et 1 % du montant reçu.
  4. Par défaut, Phoenix refuse une réception si les frais dépassent 5 000 satoshis ou la moitié du montant. Vous pouvez changer ce plafond dans Réglages → Gestion des canaux.

Ensuite, tant que le canal peut accueillir le montant, recevoir par Lightning est gratuit.

Étape 4 : payez, puis retrouvez le reçu

  1. Touchez « Envoyer », puis scannez le QR code du commerçant.
  2. Lisez ce que Phoenix affiche : le montant, la description et les frais.
  3. Validez. Les frais d’envoi sont de 0,4 % plus 4 satoshis, soit un à deux centimes sur un café à 2,20 €.
  4. Dans l’historique, touchez le paiement, puis ouvrez la partie technique. Vous y trouvez la facture (elle commence par lnbc) et la preimage. Ce sont les deux pièces de la quête.

Ça y est : vous avez payé un café en bitcoin. Vous êtes désormais le client qui explique la politique monétaire au serveur pendant que la file s’allonge. Prévoyez la chemise hawaïenne et un avis définitif sur les banques centrales.

Règle de poche : un portefeuille Lightning est un porte-monnaie, pas un coffre. Mettez-y ce que vous mettriez dans la poche d’un manteau. L’épargne se garde ailleurs, à la Salle des Coffres.

Les variantes : un portefeuille sans canal, votre propre nœud
Variante Effort en plus Ce que vous gagnez Ce que vous risquez
Un portefeuille sans canal (bâti sur le kit de Breez, un éditeur de logiciels Lightning) aucun Pas de frais d’ouverture de canal. Un ou plusieurs prestataires de plus entre vous et le paiement.
Votre propre nœud (un ordinateur à vous, qui ouvre ses propres canaux) 2 ou 3 points d’effort de plus (sur 5) : une machine allumée en permanence, de l’argent à répartir entre les canaux Plus aucun opérateur unique ne voit vos paiements. Une erreur de réglage peut bloquer vos paiements.
  • Sans canal. Vos clés restent chez vous, mais l’argent repose sur une autre couche. Un prestataire fait le pont avec Lightning à chaque paiement. Le kit de Breez, une boîte à outils pour développeurs, s’est d’abord appuyé sur le réseau Liquid, puis sur une couche nommée Spark. La documentation de Spark précise qu’on peut toujours retirer ses fonds sur la chaîne Bitcoin sans l’accord des opérateurs de Spark.
  • Votre propre nœud. C’est un chantier. On le cite pour connaître la carte, pas pour cette salle.

La boussole

Par rapport au village (votre banque et votre carte), cette salle retire la banque et le réseau de cartes de vos paiements, et ajoute un opérateur qui ne connaît pas votre nom.

Axe Pourquoi
Garde Vos 12 mots tiennent les fonds, mais le canal dépend d’ACINQ au quotidien.
Juridiction ACINQ, société française, ne peut pas prendre vos fonds, mais peut cesser de vous servir.
Monnaie Du bitcoin, que personne n’imprime. Sa valeur en euros varie.
Discrétion Votre banque ne voit plus vos paiements (détail ci-dessous).
Confort Le paiement le plus rapide de l’aile, carte bancaire comprise.
Prudence (un risque existant réduit) Personne ne peut geler ce porte-monnaie. En échange, aucun guichet ne vous aide si vous perdez les mots.

Maître Anastase : « Votre banque ne voit plus vos cafés, et l’opérateur du canal les voit sans votre nom. Mon grimoire appelle cela “déplacer la confiance”, ce qui sonne mieux que “changer de concierge”. »

Les quatre caméras

Une caméra est un observateur possible de vos paiements.

Caméra Ce qu’elle voit, comparé au village
du Badaud (le curieux, le voleur) Aucune trace publique de vos paiements. Seule l’ouverture du canal s’inscrit sur la chaîne, et depuis octobre 2025, le format Taproot (une mise à jour de Bitcoin) la rend semblable à une transaction ordinaire. Un voleur qui tient votre téléphone déverrouillé voit votre solde, comme avec votre application bancaire.
du Changeur (la banque) Rien de vos paiements. Elle voit au plus l’achat de bitcoin, s’il part de votre compte. Avec la carte, elle voit chaque commerçant, chaque montant et chaque heure.
du Marchand (la plateforme) ACINQ calcule l’itinéraire de vos paiements. D’après sa politique de confidentialité, il connaît donc le destinataire et le montant de chaque envoi. Il ne connaît pas votre nom : Phoenix ne demande ni courriel, ni téléphone, ni pièce d’identité. Il voit votre adresse IP (l’adresse de votre connexion), sauf si vous activez Tor dans les réglages de Phoenix. Tor est un réseau qui masque cette adresse.
de l’Intendance (l’administration) Rien ne remonte d’un portefeuille dont vous tenez la clé. Mais les plateformes déclarent vos achats et vos ventes au fisc, en vertu de DAC8, une directive européenne, et chaque paiement en bitcoin est une vente pour le fisc.

Partageot, l’écuyer de votre compagnie, qui raconte tout : « J’ai payé mon café en Lightning, et ma banque n’en a rien su. Alors j’ai envoyé un pigeon à tout le royaume pour le lui dire. »

Les risques, chiffrés

Sept risques, comparés au paiement par carte. Le plus lourd est la perte des 12 mots, et il ne dépend que de vous.

Risque En une ligne
1. Perdre l’accès aux fonds Faible si les 12 mots sont sur papier ; sinon, perte définitive.
2. Payer cher la première réception Certain une fois, au prix affiché avant de valider.
3. L’opérateur voit vos envois Certain : ACINQ voit le destinataire et le montant, pas votre nom.
4. L’opérateur disparaît ou cesse de vous servir Faible. Vos fonds reviennent en environ cinq jours.
5. Payer la mauvaise facture Faible si vous lisez avant de valider. Aucun recours.
6. Le paiement échoue Rare, et sans perte : l’argent revient.
7. L’impôt Rien sous 305 € de ventes par an pour le foyer. Au-delà, 31,4 % de la plus-value.
1. Perdre l'accès aux fonds
  • Possible ? Oui, si vous perdez à la fois le téléphone et les 12 mots.
  • Probable ? Faible si les mots sont notés et rangés. Aucun chiffre fiable.
  • Coût : le solde du portefeuille. D’où la règle de poche : quelques dizaines à quelques centaines d’euros.
  • Tendance : stable.
  • Durée : définitive. Sans les mots, rien ne se récupère.
  • Comparé au village : une carte perdue se fait opposer et refaire en une semaine. Ici, aucun guichet. En échange, personne ne peut geler votre porte-monnaie.
2. Payer cher la première réception
  • Possible ? Oui. L’ouverture du canal passe par la chaîne, dont les frais varient.
  • Probable ? Certain à la première réception, rare ensuite.
  • Coût : 1 000 satoshis, plus 1 % du montant, plus les frais de minage (barème de Phoenix, octobre 2026). Phoenix affiche le total avant de valider.
  • Tendance : à la baisse. D’après ACINQ, les canaux Taproot coûtent environ 15 % de moins.
  • Durée : une fois, puis à chaque fois que le canal doit grandir.
  • Comparé au village : l’ouverture d’un compte est gratuite, mais la tenue de compte et la carte coûtent plusieurs dizaines d’euros par an.
3. L'opérateur voit vos envois
  • Possible ? Oui, c’est le fonctionnement de Phoenix.
  • Probable ? Certain. ACINQ connaît le destinataire et le montant de chacun de vos envois.
  • Coût : une autorité peut demander ces informations à ACINQ. Il ne connaît pas votre nom, mais il voit votre adresse IP si vous n’activez pas Tor.
  • Tendance : à la baisse côté technique : ACINQ annonce des versions plus discrètes, sans date. Incertaine côté réglementaire.
  • Durée : la politique de confidentialité de Phoenix ne dit pas combien de temps ACINQ garde ces informations.
  • Comparé au village : la banque et le réseau de cartes voient tout, à votre nom, et gardent l’historique des années. ACINQ voit moins, et sans nom.
4. L'opérateur disparaît ou cesse de vous servir
  • Possible ? Oui : faillite, choix commercial, décision d’une autorité.
  • Probable ? Faible à court terme. Le cas s’est produit pour un pays entier : le 3 mai 2024, ACINQ a retiré Phoenix des magasins d’applications des États-Unis, par prudence face aux autorités américaines.
  • Coût : vous fermez le canal seul (Réglages → Zone dangereuse). Après 720 blocs, environ cinq jours, vos fonds reviennent sur la chaîne, à une adresse que vos 12 mots contrôlent. Les frais de minage peuvent être élevés, mais vous gardez le capital.
  • Tendance : stable.
  • Durée : environ cinq jours.
  • Comparé au village : une banque en faillite rembourse jusqu’à 100 000 € par la garantie des dépôts, après un délai. Un compte gelé, lui, ne rend rien tant que dure le gel.
5. Payer la mauvaise facture
  • Possible ? Oui. Un paiement Lightning est définitif : ni opposition, ni remboursement forcé.
  • Probable ? Faible si vous lisez le montant, la description et l’expiration avant de valider.
  • Coût : le montant de la facture.
  • Tendance : stable.
  • Durée : définitive.
  • Comparé au village : la carte permet de contester un paiement. En échange, ici, le commerçant ne subit jamais une contestation abusive.
6. Le paiement échoue
  • Possible ? Oui, quand aucun chemin n’a assez d’argent disponible.
  • Probable ? Rare avec Phoenix, qui passe par un gros nœud (un ordinateur du réseau Lightning) bien relié. Aucun chiffre fiable.
  • Coût : nul. Sans preimage révélée, rien n’est débité.
  • Tendance : stable.
  • Durée : en général immédiate. Un paiement peut aussi rester « en attente ». Il échoue alors en quelques heures ou quelques jours, et l’argent revient.
  • Comparé au village : un terminal en panne ne débite rien non plus, mais il ne se réessaie pas.
7. L'impôt
  • Possible ? Oui. Payer en bitcoin, c’est vendre du bitcoin.
  • Probable ? Sous 305 € de ventes par an pour le foyer, rien n’est imposé. Au-delà, toutes les ventes de l’année le sont, à 31,4 % de la plus-value (le gain par rapport au prix d’achat).
  • Coût : 31,4 % de la plus-value non déclarée, plus un intérêt de retard de 0,20 % par mois. Une majoration de 40 % ou de 80 % s’ajoute en cas de mauvaise foi ou de fraude.
  • Tendance : à la hausse en surveillance. Depuis le 1er janvier 2026, les plateformes collectent vos achats, vos ventes et vos transferts pour le fisc (DAC8). L’intérieur d’un portefeuille dont vous tenez la clé reste hors de vue.
  • Durée : le fisc peut en général revenir sur les trois dernières années.
  • Comparé au village : payer en euros ne déclenche aucun impôt.

Oubliette : la Facture Inconnue. Une oubliette est un piège réel, où tombent les débutants. Un inconnu vous envoie une facture Lightning, et vous la payez sans lire son montant ni sa description. Votre portefeuille affiche les deux : lisez-les avant de valider.

Basile, le gardien des oubliettes : « Une facture se lit avant de se payer : le montant et la description sont écrits en clair. Je descends l’échelle pour tout le monde, mais pas pour rattraper un paiement déjà parti. »

La quête : Un paiement éclair

La quête est l’exercice de la salle. Elle a deux objectifs, indépendants l’un de l’autre. L’objectif de taverne prouve que vous avez compris. L’objectif de donjon prouve que vous avez fait le vrai geste. Vous donnez votre preuve à la Cafetière, l’encart qui vérifie vos réponses dans votre navigateur. Si la preuve est bonne, votre navigateur fabrique votre drapeau : un code GRAIN{xxxx-xxxx} qui prouve votre réussite. La Cafetière l’inscrit dans votre parchemin. Chaque objectif vous donne aussi un écusson (une récompense du jeu) et des liards (les points du jeu).

Le parchemin est votre fichier de progression chiffré.

Objectif de taverne : lire une facture

La Cafetière vous montre une facture de démonstration. Copiez-la, puis collez-la dans l’encart : la Cafetière la décode et affiche son contenu. Saisissez ensuite trois réponses : le montant en satoshis, la description, et le nombre de minutes avant l’expiration. Vous n’avez besoin ni d’argent ni de compte.

Objectif de donjon : payer une vraie facture

Payez une vraie facture Lightning : chez un commerçant, ou vers un second portefeuille à vous. Dans l’historique de Phoenix, ouvrez la partie technique du paiement. Collez dans l’encart la facture (qui commence par lnbc), puis la preimage (64 caractères). Si la preuve est bonne, votre navigateur fabrique le drapeau, et la Cafetière l’inscrit dans votre parchemin.

Comment la Cafetière vérifie, chez vous

Rien ne sort de votre navigateur : ni la facture, ni la preimage, ni le résultat.

Le détail de la vérification
  • Objectif de taverne : votre navigateur décode la facture et recalcule les bonnes réponses à partir d’elle. Aucune réponse n’est écrite dans le code du site.
  • Objectif de donjon : votre navigateur décode la facture, selon BOLT11, le format standard des factures Lightning. Il calcule l’empreinte SHA-256 de la preimage, avec la fonction intégrée au navigateur. Il vérifie qu’elle est égale à l’empreinte écrite dans la facture. Il vérifie enfin que la facture a été créée après votre entrée dans la salle, notée dans votre parchemin : une vieille facture ne compte pas.
  • Pourquoi c’est une vraie preuve : le payeur ne reçoit la preimage qu’au moment où le paiement aboutit. Retrouver une preimage à partir de son empreinte est hors de portée de tous les ordinateurs du monde. La preuve dit qu’un paiement a abouti, pas vers qui : c’est voulu.
  • Peut-on tricher ? Oui, de deux façons. Comme partout dans le château (le site), on peut lire le code du site. Et le destinataire connaît la preimage avant d’être payé : si vous collez une facture que vous avez créée vous-même, la Cafetière l’accepte. Elle a seulement prouvé que vous tenez le portefeuille qui l’a créée. C’est assumé : il n’y a rien à gagner, sinon le geste.

Les sucres

Les sucres sont trois niveaux d’aide gratuits. Un sucre donne une piste, deux donnent la méthode, trois donnent la solution. Ouvrez-les un par un. Ils ne vous retirent rien : votre journal note seulement combien vous en avez pris.

Un sucre, une piste

La facture est le long texte qui commence par lnbc, celui du QR code que vous avez scanné. La preimage n’arrive qu’après le paiement : cherchez-la dans l’historique, pas sur l’écran de paiement.

Deux sucres, la méthode

Dans Phoenix, ouvrez l’historique et touchez le paiement réussi. Ouvrez la partie technique : la facture et la preimage y sont. Un paiement échoué ou en attente n’a pas de preimage.

Trois sucres, la solution

La Cafetière refuse ? Il y a presque toujours trois causes :

  1. Vous avez collé l’empreinte (le payment hash) au lieu de la preimage. Les deux font 64 caractères, mais l’empreinte est dans la facture, et la preimage n’y est jamais.
  2. La facture date d’avant votre entrée dans la salle. Refaites un petit paiement.
  3. Une espace s’est glissée au début ou à la fin du copier-coller. Retirez-la.

Le déca

Vous pouvez lire la salle sans accomplir la quête : c’est « prendre un déca ». Vous n’aurez pas l’écusson, mais le chemin continue, et vous pourrez revenir faire la quête quand vous voudrez.

L’objectif de donjon vous attendra le jour où vous serez devant un comptoir qui accepte Lightning.

Le verdict

Écusson forgé : Éclair au café. Vous avez payé en une seconde, sans banque, pour un ou deux centimes de frais. Il a fallu un règlement européen de 2024 pour obliger les banques à envoyer un virement en dix secondes, au prix d’un virement ordinaire. Lightning, lui, n’a demandé la permission à personne.

Percolozor, l’auteur du site, en voix off. J’ai mis des années à comprendre les canaux de paiement. Vous venez de payer un café sans les comprendre, et c’était exactement le but.

Ce que dit la loi

En bref : chaque paiement en bitcoin est une vente imposable, mais rien n’est imposé sous 305 € de ventes par an pour le foyer. Détenir un portefeuille Lightning dont vous tenez la clé ne se déclare pas aujourd’hui.

La loi en détail : vente imposable, seuil de 305 €, déclaration, commerçant
  • Payer en bitcoin, c’est vendre du bitcoin. Échanger du bitcoin contre un bien ou un service est une cession (une vente au sens du fisc). Elle est imposable comme une vente contre des euros : article 150 VH bis du code général des impôts, et BOFiP, la doctrine officielle du fisc (BOI-RPPM-PVBMC-30-10).
  • Le seuil de 305 €. Il porte sur le total des prix de vente du foyer dans l’année, pas sur les gains. Sous ce seuil, les plus-values sont exonérées. Au-delà, toutes sont imposables, à 31,4 %, calculées sur l’ensemble du portefeuille du foyer (impots.gouv.fr). 306 € de cafés dans l’année suffisent à le franchir.
  • Détenir un portefeuille Lightning dont vous tenez la clé ne se déclare pas aujourd’hui. Le formulaire 3916-bis (la déclaration des comptes à l’étranger) vise les comptes ouverts chez des prestataires établis à l’étranger, pas les clés que vous tenez.
  • Les projets de déclaration reviennent. Des propositions visent les portefeuilles personnels au-delà d’un seuil, de 5 000 € puis de 100 000 €. Aucune n’est en vigueur au 26 octobre 2026. Leur état à jour est tenu au Greffe.
  • Le commerçant qui encaisse en bitcoin enregistre la vente en euros, à la valeur du jour. C’est son affaire, pas la vôtre.

Pour aller plus loin

Dans l’Aile du Trésor

Dans les autres ailes

Sources

Vérifiées en octobre 2026.

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